« Un confort de vie assez rare en élevage »

Au Gaec de l’Espérance (225 vaches et 285 ha à Baraqueville en Aveyron), on préfère « s’éclater au travail » plutôt qu’en faire toujours plus. Priorité à la qualité de vie.

Les familles Alary, Enjalbert, Monteillet et Pouget travaillent ensemble depuis 1991. « Au départ, c’était pour réduire les charges et avoir le droit d’être malade », se souvient Jean-François Alary . Au fil du temps, c’est devenu un « vrai choix de vie » rendu possible par une vision commune du métier et, plus généralement sans doute, de l’existence : « travailler pour vivre plutôt que vivre pour travailler ». Cela sous-entend la pleine implication de chacun au service de l’œuvre commune, et une entente jamais prise en défaut. Enfin presque : « deux recadrages en 28 ans… Manager, ce n’est pas commander. C’est le respect de l’autre. Il faut savoir céder et faire confiance ».

Semaine de 4 jours

Les cinq associés ont adopté une organisation du travail particulièrement originale : la semaine de 4 jours, un travail en binômes (à l’étable comme au champ), 2 semaines de vacances l’été + 1 l’hiver, 1 week-end sur 3 travaillé (un salarié vient 17 week-ends par an). La journée commence tôt, à 5h45, mais, entre 8h et 9h30, il n’y a personne sur la ferme. C’est le moment d’accompagner les enfants à l’école ou de faire une course. Pareil entre 13 et 14 heures. A 18h30, tout est terminé. « La nuit, on ne se lève pas. Il faut prendre le temps, pas le subir. On a longtemps été critiqué, plus maintenant. Nous avons un confort de vie assez rare dans le milieu de l’élevage », témoigne Jean-François Alary.

1 500 € nets par mois

De fait, le Gaec délègue l’alimentation des 225 Prim’Holsteins à une Cuma équipée d’une dessileuse automotrice. La prestation, facturée 11,6 €/1000 l, s’ajoute à un coût alimentaire de 143 €/1000 l. Les associés ne font pas non plus de mécanique. Lors de la traite (2 h à deux dans une 2 x 12 TPA), « on ne lave pas les mamelles. On ne tire pas les premiers jets. On perd 15 000 € par an avec les butyriques. On pourrait travailler plus et gagner plus si on était sérieux… ». L’argent, « aucun associé n’en parle ». Tous reçoivent la même rémunération, 1 500 € nets par mois. La moyenne économique avoisine 8 500 l pour une production de 1,9 million de litres. Le prix d’équilibre ressort à 334 €/1000 l, proche du prix de vente de 333 €/1000 l. Le Gaec ambitionne d’accroître la production par vache – « la ration n’est pas au top » – et le nombre de vaches, de sorte à conforter l’installation de Bastien Alary qui a rejoint son père dans le Gaec.

BC

Article initialement publié dans Grands Troupeaux Magazine n° 77 à la suite des 3èmes « rencontres grands troupeaux » du BTPL (6 et 7 novembre 2019)

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