Unell-Lactalis : l’impasse

L’Unell, qui a récusé les modalités de la saisine du médiateur par le groupe Lactalis, a déposé sa propre demande de médiation.

En début d’après-midi, ce 16 janvier, Lactalis annonçait, dans un communiqué, que le médiateur des relations commerciales agricoles, saisi quelques jours auparavant, avait répondu « favorablement à la demande de Lactalis France ». Patatras, en fin d’après-midi, l’Unell refusait de s’associer à cette médiation au motif qu’elle ne respecterait pas les loi Egalim qui sanctuarisent le prix de la matière première agricole. « Lactalis veut négocier sans indicateur ni repère, comme il y a quinze ans », a expliqué, devant la presse, le président de l’Unell, Yohann Serreau.

En pratique, détaille l’éleveur, Lactalis serait prêt à accorder une hausse de 1 % du prix du lait sur le début de l’année 2024 alors que l’évolution des prix de revient devrait conduire, selon lui, à une revalorisation de 5 %. Si les prix des intrants (70 % des charges) sont orientés à la baisse (– 10 % en moyenne sur un an, ndlr), les autres dépenses d’exploitation (fermages, salaires et charges sociales, frais bancaires, travaux par tiers…) progressent fortement, fait-il valoir. A tel point que les charges, prises dans leur ensemble, augmenteraient de 5 % sur un an.

« Une solution durable »

L’Unell reproche également à Lactalis de ne rechercher qu’une solution de court terme. « La seule volonté d’obtenir un accord sur le prix des trois premiers mois de l’année est insuffisante », explique l’association d’OP dans un communiqué. « L’Unell ne veut pas prendre le risque d’un nouveau désaccord majeur en avril, comme cela s’est produit après la médiation de septembre 2023. C’est pourquoi l’Unell annonce au médiateur qu’elle ne peut pas accepter la médiation proposée par Lactalis en raison de son champ d’application qui ne mènerait qu’à une solution de court terme et qui ne respecterait ni les lois Egalim, ni notre accord-cadre. »

« Cherchant une solution équilibrée et durable pour les parties, l’Unell saisit à son tour le médiateur ce mardi 16 janvier 2024. L’objet de la saisine de l’Unell concerne deux paramètres importants de la formule de prix : 1- La valorisation du lait destiné aux produits de grande consommation (PGC France), en particulier le niveau et le périmètre de la prise en compte du prix de revient en élevage sur cette part du lait (respect des lois Egalim). 2- La valorisation du lait destiné aux produits industriels (commodités laitières) en l’absence d’indicateurs de référence publiés par l’interprofession » (le Cniel ne publie plus de valorisation beurre-poudre depuis plusieurs mois, faute d’accord entre ses membres).

Si Lactalis acceptait les modalités de la médiation proposée par l’Unell, les parties disposeraient de deux mois au maximum pour trouver un compromis, indique Yohann Serreau.

BC

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