6 200 €/ha en 2023

Le prix moyen des terres et prés libres a progressé de 1,5 % en 2023, en dépit d’un repli de 0,3 % dans les zones d’élevage bovin.

La Fédération nationale des Safer a présenté, le 22 mai à Paris, son panorama annuel du marché foncier agricole. « Après un rebond en 2022, le prix des terres et prés libres non bâtis poursuit sa dynamique en 2023, bien qu’à un rythme plus faible (+ 1,5 %). Le prix atteint ainsi un nouveau maximum depuis 1997 à 6 200 €/ha. Cette hausse s’inscrit dans une dynamique de progression des ventes (+ 3,6 % en nombre de transactions) mais de repli des surfaces échangées sur le marché des terres et prés libres (- 3,5 %) », note la FNSafer dans son rapport annuel.

« Les niveaux de prix importants sont localisés dans le nord (Hauts-de-France, Normandie) et le sud du territoire (arc méditerranéen en particulier). Les évolutions sont contrastées selon les régions. Les prix connaissent ainsi une hausse sensible dans trois régions du nord du territoire : Centre-Val de Loire (+ 5,8 %), Hauts-de-France (+ 6,7 %) et Pays de la Loire (+ 4,1 %). À noter également la progression des prix en Bretagne et Occitanie. À l’inverse, les prix accusent une baisse sensible en Provence-Alpes-Côte d’Azur (- 4,7 %). Les prix dans les autres régions restent stables. »

« Le prix dans les zones de grandes cultures enregistre la seule hausse (+ 4,8 % à 7 710 €/ha, ndlr), suite à un premier rebond de 1,6 % entre 2021 et 2022 et après une augmentation des revenus de la filière céréalière en 2022. À l’inverse, les prix restent à la baisse dans les zones de polyculture-élevage (- 0,4 % à 6 170 €/ha, ndlr) et d’élevage bovin (- 0,3 % à 4 630 €/ha, ndlr). En 2023, les prix dans les zones en grandes cultures demeurent 66 % plus élevés que ceux en zones d’élevage bovin, un écart record, équivalent à celui de 2020. »

« Les transmissions au plus haut »

Sur le marché des terres et prés (libres ou loués), le nombre de ventes diminue de 1,5 % en 2023 « mais demeure au-delà de la barre des 100 000 (104 560, ndlr) pour la troisième année consécutive. Les surfaces échangées accusent une baisse de 5,3 %. En revanche, la valeur totale du marché augmente de 4,9 % et reste au-delà des 7 milliards d’euros (7,5 Md€, ndlr). Les ventes de biens libres bâtis sont en effet en nette hausse, plaçant les ventes d’exploitations à un niveau inédit, dans le contexte des départs à la retraite. »

« Dans ce contexte baissier, et après un bond en 2022, les sociétés d’exploitation agricole et de portage du foncier voient leurs acquisitions diminuer (respectivement – 9,6 % et – 7,8 %). Seules les acquisitions des personnes physiques non agricoles connaissent une hausse », souligne encore la FNSafer.

BC

Graphique : Evolution du prix des terres et prés libres non bâtis entre 1997 et 2023 (en jaune : zones de grandes cultures, en vert : zones de polyculture-élevage, en rouge : zones d’élevage bovin) – Source : Groupe Safer/SSP

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