Dès que la température extérieure dépasse 20°C ou que l’indice température-humidité (THI) atteint 68, les vaches souffrent de stress thermique. Cette situation engendre une dégradation de leur bien-être, une baisse de la productivité et une augmentation des risques sanitaires

LE STRESS THERMIQUE PROVOQUE DE NOMBREUSES PERTURBATIONS MÉTABOLIQUES CHEZ LA VACHE LAITIÈRE.
La température ressentie par l’animal ne dépend pas uniquement de la température de l’air. Elle est également influencée par la vitesse de circulation de l’air, le taux d’humidité ambiante, l’état de la litière et du pelage, la température des murs et du plafond, ainsi que par l’exposition directe ou non au soleil. Il est donc essentiel de prendre en compte l’ensemble de ces éléments pour évaluer le niveau de confort thermique des vaches. Ainsi, le HLI (Heat Load Index), moins utilisé que le THI, prend en compte l’humidité relative, la vitesse de l’air (VA) et l’impact du rayonnement solaire direct et indirect, notamment à travers des matériaux qui emmagasinent puis restituent la chaleur (toiture, murs)
DES CONSÉQUENCES MÉTABOLIQUES
Le stress thermique provoque de nombreuses perturbations métaboliques chez la vache laitière. Il entraîne une augmentation du rythme respiratoire et de la température corporelle. Le temps de rumination diminue de 10 à 20 %. Des modifications des paramètres sanguins sont également observées. Le risque d’acidose ruminale s’accroît, tout comme les besoins en énergie liés à la thermorégulation. Sur le plan sanitaire, les conséquences sont tout aussi préoccupantes. L’incidence des mammites cliniques et les taux cellulaires augmentent. L’acidose du rumen peut entraîner des troubles digestifs. Les boiteries deviennent plus fréquentes. L’intestin peut être affecté et devenir perméable aux toxines et aux bactéries, phénomène connu sous le nom de » leaky gut » (intestin perméable). Le système immunitaire est affaibli. Chez les vaches taries, le stress thermique accroît le risque d’avortement, de rétention placentaire et de pathologies néonatales. Dans les cas les plus graves, la mortalité peut également augmenter. Plusieurs critères permettent de repérer une vache en situation de stress thermique. Un rythme respiratoire supérieur à 60 respirations par minute, une température cutanée supérieure à 35°C mesurée par caméra thermique, ou une température corporelle au-delà de 38,9°C doivent alerter l’éleveur. Des baisses de production laitière, de l’ingestion et des taux, ainsi que des changements de comportement comme une station debout prolongée ou un regroupement autour des zones fraîches, sont également des signes révélateurs.
LES STRATÉGIES NUTRITIONNELLES
Des adaptations de la ration alimentaire permettent de limiter les effets négatifs du stress thermique. Il est recommandé d’augmenter le taux de sodium à 0,4 % de la matière sèche de la ration et d’atteindre un Baca(1) de 400 milliéquivalents par kilogramme de matière sèche. Cela correspond à un apport d’au moins 250 gr de bicarbonate de sodium, voire davantage selon les besoins du troupeau. Il est aussi fondamental de maintenir à disposition de l’eau propre et fraîche, à proximité des points d’alimentation, en prévoyant idéalement entre 20 et 25 cm d’abreuvoir par vache. Il est préférable de distribuer la ration en fin de journée plutôt que le matin, et d’y incorporer de l’eau afin de favoriser l’ingestion. Les aliments qui fermentent ou qui ont chauffé doivent être éliminés, tout comme les refus. Enfin, l’apport de levures vivantes peut contribuer à stabiliser la flore du rumen et à soutenir la santé digestive.
L’ENVIRONNEMENT ET LE LOGEMENT
L’environnement de l’animal joue un rôle déterminant dans la gestion du stress thermique. Les bâtiments doivent permettre une bonne circulation de l’air. Il est impératif de proposer de l’ombre lorsque les animaux sont au pâturage. L’usage de systèmes de ventilation, dès que la température atteint 20°C, peut considérablement améliorer le confort thermique des vaches. Le douchage de l’animal constitue une meilleure option que la brumisation, pouvant accentuer le stress thermique en augment l’humidité du bâtiment. Pour les bâtiments neufs, il est essentiel de concevoir une structure adaptée aux enjeux climatiques. L’isolation des toitures permet de limiter l’accumulation de la chaleur. L’hygiène des zones de couchage et le raclage régulier des allées doivent également être assurés pour garantir un environnement sain et confortable.
- Baca : bilan anion-cation alimentaire
Extrait de l’article GTM126 mai 2025 p12a13 par ERWAN LE DUC
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