Prairies : la pousse s’est arrêtée fin mai

La sécheresse et les fortes températures ont complètement bloqué la pousse de l’herbe depuis la fin du mois de mai. Selon le dernier indicateur ISOP, le rendement cumulé des prairies permanentes françaises accusait ainsi un déficit de 30 % au 31 juillet 2026, avec un indice national de 70 par rapport à la référence 1989-2018.

La situation est d’autant plus préoccupante que le printemps avait pourtant bien commencé. Fin mai, 51,7 % du potentiel annuel de production fourragère avait déjà été réalisé, contre 45,9 % habituellement à cette date. Mais la pousse s’est ensuite totalement interrompue. Après 52,3 % fin juin, elle reste à 51,7 % fin juillet selon les données disponibles, alors qu’une année normale permet aux prairies de produire près de 27 % de leur rendement annuel durant ces deux mois.

Les grands bassins d’élevage fortement touchés
Le déficit concerne l’ensemble des principales régions d’élevage. L’indice ISOP atteint notamment 64 en Nouvelle-Aquitaine, 65 en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est, et 66 en Occitanie. Les régions de l’Ouest sont légèrement moins pénalisées, mais restent déficitaires avec un indice de 76 en Bretagne et en Auvergne-Rhône-Alpes et de 77 en Pays de la Loire.Pour les élevages à grands effectifs, les conséquences sont déjà concrètes. L’absence de pousse estivale oblige de nombreuses exploitations à entamer précocement leurs stocks, avec la distribution de foin, d’enrubannage ou d’affouragement en vert dès le cœur de l’été. Le manque de regain compromet également le bilan fourrager annuel, alors que les besoins des troupeaux restent élevés.À cette pénurie d’herbe s’ajoute le stress thermique, qui pénalise l’ingestion et les performances laitières et peut également dégrader les résultats de reproduction et la santé mammaire.

Refaire dès maintenant le bilan fourrager
Dans ce contexte, les éleveurs doivent réévaluer leurs stocks disponibles par UGB et anticiper les besoins de complémentation pour l’automne et l’hiver. Le retour des pluies devra également être mis à profit pour implanter rapidement des cultures dérobées susceptibles de fournir du fourrage supplémentaire. La priorité est aussi de préserver les prairies desséchées. Un pâturage trop intense sur des sols fragilisés pourrait compromettre leur reprise et leur potentiel de production en 2027. Pour les troupeaux fortement chargés, une adaptation des effectifs, notamment par l’anticipation de certaines réformes, peut également contribuer à réduire la pression sur les surfaces fourragères.

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