La pousse de l’herbe ne redémarre toujours pas

Au 10 septembre 2026, la production cumulée des prairies permanentes françaises reste inférieure de 39 % à la moyenne observée sur la période 1989-2018. Après quatre mois marqués par les canicules et la sécheresse, l’absence de pluies significatives continue de pénaliser les prairies.

Selon le dernier indicateur ISOP publié par Agreste, seulement 52,3 % de la pousse annuelle de référence était réalisée au 10 septembre, contre 85,1 % en moyenne sur la période 1989-2018. L’écart s’est encore creusé depuis le début de l’été. Au 10 août, l’indicateur se situait à 51,4 % de la pousse annuelle de référence, contre 76,2 % en moyenne historique. La situation est désormais déficitaire dans l’ensemble des régions. Le déficit dépasse même 50 % de la référence dans 17 % des surfaces en herbe.

Des niveaux particulièrement bas dans plusieurs régions

Le déficit est particulièrement marqué dans le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. Au 10 septembre, la pousse cumulée y représente respectivement 54,6 %, 46,6 %, 47 %, 47,1 % et 49 % de la référence annuelle. Les Pays de la Loire atteignent 61,8 % de la référence, devant l’Île-de-France à 68,3 %. En Bretagne, la pousse cumulée atteint 56,7 %, tandis que la Normandie se situe à 55,4 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes affiche 56 %, et les Hauts-de-France 59,2 %. La situation apparaît très contrastée dans le Sud-Est. Avec 78,6 % de la référence annuelle réalisée, Provence-Alpes-Côte d’Azur présente l’indicateur régional le plus élevé. Il reste toutefois inférieur à la normale, puisque la référence à cette date s’établit à 79,7 %.

Une campagne très en retard

La comparaison avec 2025 illustre également le décrochage de la campagne 2026. Au 10 septembre 2025, 66,6 % de la pousse annuelle de référence avait été réalisée. Un an plus tard, l’indicateur n’atteint que 52,3 %.La rupture s’est principalement produite au cours de l’été. Jusqu’au mois de juin, la pousse cumulée de 2026 restait proche de celle observée en 2025. Au 10 juin, elle atteignait 55 % de la référence, contre 53,5 % un an auparavant. Mais elle n’a ensuite progressé que très faiblement sous l’effet de la sécheresse et des épisodes de fortes chaleurs.L’ISOP estime la production des prairies à partir d’un modèle de simulation intégrant les conditions pédoclimatiques. L’indicateur est calculé par rapport à la moyenne 1989-2018. Avec un indice inférieur à 75, une prairie est considérée comme fortement déficitaire. Au niveau national, l’indicateur atteint 61,5 si l’on rapporte la pousse réalisée à la normale à la même date, ce qui traduit un déficit important.

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