Les marchés laitiers reprennent de la vigueur

Après plusieurs mois de repli, les cours de plusieurs produits laitiers européens montrent des signes de raffermissement à la mi-août. Le beurre reste toutefois très éloigné de son niveau de l’an dernier, tandis que les poudres et certains fromages profitent d’un redressement des cotations. Les dernières données du Milk Market Observatory, arrêtées à la semaine du 16 août 2026, traduisent un marché européen plus contrasté qu’il y a quelques mois.

À 398 €/100 kg, soit 3 980 €/tonne, le prix moyen européen du beurre progresse légèrement sur une semaine, de 0,9 %. Il reste néanmoins inférieur de 45 % à celui enregistré un an plus tôt. La comparaison avec l’été 2025 est particulièrement défavorable puisque le beurre cotait alors autour de 720 €/100 kg. Depuis le début de l’année, le mouvement de baisse a été marqué, avec un point bas autour de 383 €/100 kg fin juin avant un léger redressement en juillet et au début du mois d’août.
Le niveau actuel reste donc nettement inférieur à celui de 2025. Après avoir dépassé 700 €/100 kg à l’été dernier, le marché s’est progressivement retourné à partir de septembre 2025, avant de poursuivre sa correction durant le premier semestre 2026. La légère remontée observée depuis juillet ne suffit pas encore à modifier la tendance annuelle.

Les poudres de lait mieux orientées
Le marché de la poudre de lait écrémé présente une situation sensiblement différente. À 288 €/100 kg, soit 2 880 €/tonne, la cotation européenne gagne 2,5 % sur une semaine et affiche désormais une progression de 20 % sur un an. Le prix était de 239 €/100 kg à la mi-août 2025.
La progression s’est construite progressivement depuis le début de l’année. Après un niveau de 207 €/100 kg début janvier, la cotation a franchi 250 €/100 kg en mars puis 280 €/100 kg en mai. Elle atteint désormais son niveau le plus élevé de la période 2026 présentée dans le tableau. La poudre de lait entier suit également une trajectoire favorable. À 356 €/100 kg, elle gagne 4,9 % sur une semaine, mais reste inférieure de 15 % à son niveau de l’année précédente. Le marché est toutefois nettement mieux orienté depuis le printemps, après avoir évolué autour de 320 à 340 €/100 kg pendant plusieurs mois.

Le lactosérum affiche la plus forte progression
La dynamique est encore plus spectaculaire pour la poudre de lactosérum. Sa cotation atteint 146 €/100 kg, soit 1 460 €/tonne, en hausse de 4 % sur une semaine. Surtout, elle affiche une progression de 49 % par rapport à août 2025. À cette époque, le prix se situait à seulement 93 à 98 €/100 kg.
La remontée s’est accélérée au printemps. Après avoir démarré l’année à 106 €/100 kg, la cotation a franchi 120 €/100 kg en mars, puis 140 €/100 kg en mai. Malgré quelques fluctuations, elle atteint désormais 146 €/100 kg. Le lactosérum constitue ainsi le produit dont la progression annuelle est la plus importante parmi les huit produits suivis par l’Observatoire.

Les fromages restent en retrait
Les cotations des principaux fromages européens demeurent, en revanche, inférieures à leurs niveaux de 2025. Le cheddar s’établit à 335 €/100 kg, en baisse de 0,7 % sur une semaine et de 26 % sur un an. Le gouda atteint 383 €/100 kg, quasiment stable sur une semaine mais inférieur de 23 % à son niveau d’un an auparavant. L’edam s’établit à 370 €/100 kg, en baisse de 1,4 % sur une semaine et de 24 % sur un an.
L’emmental se distingue par un niveau de prix nettement supérieur, à 552 €/100 kg. Il progresse de 1,4 % sur une semaine mais reste inférieur de 11 % à son niveau de l’été 2025.Les évolutions récentes montrent néanmoins quelques signes de stabilisation. Après avoir reculé au premier semestre, plusieurs cotations fromagères ont cessé de baisser ou ont commencé à se redresser durant l’été. Le cheddar, par exemple, est passé de 309 €/100 kg fin juin à 335 €/100 kg à la mi-août.

Un marché laitier à plusieurs vitesses
À la mi-août, le marché européen présente donc des évolutions très différenciées selon les débouchés. Le beurre reste le principal point faible avec une chute annuelle de 45 %. À l’inverse, les poudres de lait écrémé et de lactosérum affichent des hausses respectives de 20 % et 49 %. Les fromages se situent entre ces deux situations, avec des baisses annuelles comprises entre 11 % pour l’emmental et 26 % pour le cheddar.

Cette configuration confirme surtout le changement de régime intervenu depuis l’été 2025. Alors que les produits laitiers industriels avaient atteint des niveaux élevés l’an dernier, la correction a été particulièrement forte sur le beurre. En parallèle, les poudres ont progressivement retrouvé de la valeur au cours de 2026. Les dernières semaines montrent ainsi un redressement des cotations de plusieurs produits, sans pour autant effacer les écarts considérables avec les niveaux de 2025.

Pour les éleveurs, l’évolution des marchés des produits industriels constitue un indicateur important de la capacité des laiteries à maintenir les prix du lait. Les chiffres de la semaine 33 montrent toutefois qu’il serait prématuré de parler d’un retournement généralisé du marché. Le beurre et les fromages restent nettement en dessous de leurs niveaux d’il y a un an, tandis que les poudres et le lactosérum bénéficient d’une dynamique beaucoup plus favorable.

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