
Le 28 septembre 2026, le Conseil national suisse a adopté deux motions visant à « endiguer le fléau » des courants vagabonds en élevage. Portés par le groupe de l’Union démocratique du Centre (UDC), soutenus par des élus Verts et socialistes, ces textes réclament la formation d’experts de terrain ainsi que l’adaptation des normes à la sensibilité électrique du bétail. « Les exploitations agricoles d’aujourd’hui (…) sont plus techniques, plus électrifiées et plus interconnectées. Les sources potentielles de perturbations se sont multipliées. Nos normes doivent évoluer au même rythme que les réalités du terrain. » En ligne de mire des élus nationaux, la révision de l’Ordonnance sur les installations à basse tension (OIBT) appliquées aux bâtiments d’élevage. « Nous demandons aux agriculteurs des efforts importants en matière de détention et de santé animale. Il serait incohérent d’ignorer un facteur susceptible d’altérer ce bien-être. » Selon une étude de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), 37% des 1428 exploitations suisses interrogées seraient affectées par les courants vagabonds et 13% ont subi des pertes allant de 100 000 à 1 million de francs suisses (1).
Le combat d’un éleveur laitier
Ces deux motions puisent leur origine dans le combat de Marc Schertenleib, éleveur laitier dans le canton de Vaud et victime d’une installation photovoltaïque non conforme (2). « Cet éleveur, en trois ans, a perdu plus de 2 millions de francs ; il a dû éliminer ou il a vu périr plus de 330 bêtes sur son exploitation (…). Il s’agit de l’un des meilleurs éleveurs de Brown Swiss de notre pays, qui se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique », a commenté Jacques Nicolet, agriculteur et élu national UDC du canton de Vaud. « Si l’on veut soutenir la pose de panneaux photovoltaïques dans l’agriculture, (…) il faut former les gens correctement pour que les installations soient conformes. » Le Conseil fédéral, qui devra se prononcer en décembre prochain, n’est pas favorable à une modification de la législation.
NB
(1) « Les courants vagabonds dans l’agriculture suisse », Noémie Jaulin, juillet 2024.
(2) « Courants parasites : un sélectionneur suisse perd plus de 300 bovins », Grands Troupeaux Magazine. Juin 2026.
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