Prairies : le déficit de pousse atteint 43 % au 10 octobre

La pousse cumulée des prairies permanentes productives reste très inférieure à la normale en France. Au 10 octobre 2026, elle accuse un déficit de 43 % par rapport à la moyenne 1989-2018, selon le tableau de bord ISOP d’Agreste. Le manque de pluie persistant depuis la canicule de fin juin empêche toujours la reprise de la végétation.

La situation fourragère ne s’améliore pas avec l’avancée de l’automne. Au 10 octobre, l’indicateur de suivi objectif des prairies (ISOP) atteint seulement 57 en France, pour une base de 100 correspondant à la pousse cumulée moyenne sur la période 1989-2018. Autrement dit, la production estimée depuis le début de la campagne est inférieure de 43 % à la référence. Le déficit dépasse 20 % dans toutes les régions fourragères, à l’exception des régions méditerranéennes. Il avoisine même les 50 % dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté, deux zones particulièrement touchées par le manque de précipitations.

Des écarts régionaux importants

La situation varie sensiblement selon les territoires. L’indice ISOP atteint 49 dans le Grand Est et 50 en Bourgogne-Franche-Comté, ce qui correspond à des déficits respectifs de 51 % et 50 %. Les Hauts-de-France affichent un indice de 53, tandis que les Pays de la Loire et la Normandie se situent respectivement à 59 et 60. La Bretagne atteint un indice de 64, contre 68 en Nouvelle-Aquitaine et 72 en Île-de-France. Les régions méditerranéennes se distinguent par une situation plus favorable, avec un indice de 92 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’indice s’établit à 62 en Auvergne-Rhône-Alpes et à 56 en Occitanie.

La sécheresse freine la repousse

Le manque de pluie persiste depuis la canicule de fin juin et ne permet pas à l’herbe de repousser. Cette absence de reprise intervient alors que les prairies constituent une ressource importante pour les systèmes d’élevage herbagers, notamment pour les troupeaux allaitants et laitiers.

Ces résultats concernent les prairies permanentes productives. L’indicateur ISOP repose sur un modèle de simulation qui estime la production cumulée de matière sèche par hectare, à partir des conditions pédoclimatiques. Il est différent de l’Indice de production des prairies (IPP), développé par Airbus. Basé sur des données satellitaires et météorologiques, ce dernier mesure la perte de pousse de l’herbe par rapport à une référence. Pour les prairies, une perte supérieure à 30 % peut déclencher l’Indemnité de solidarité nationale (ISN). En 2026, l’IPP fait partie des indices approuvés pour l’assurance récolte.

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