Les lauréats 2019 de la dynamique agricole

Les lauréats 2019 de la dynamique agricole

Un couple franco-nippon producteur de bœufs wagyu en Bretagne figure au palmarès du Prix de la dynamique agricole 2019. Autres lauréats : les éleveurs qui ont repris l’abattoir de Guillestre (Hautes-Alpes), promis à la fermeture.

La 27e édition du Prix national de la dynamique agricole et de la pêche s’est clôturée, le 16 janvier à Paris, par une soirée à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Près de 120 dossiers avaient été déposés par les Banques Populaires régionales (1) afin de concourir au Prix national. Au final, 6 des 30 initiatives présélectionnées, jugées particulièrement performantes et innovantes, ont été retenues par un jury national composé de 30 membres issus de la profession, du ministère ou de la presse professionnelle agricole.

Dans la catégorie Valorisation et innovation, le prix revient à Sébastien Chérel et Masami Kanaoka (photo Marion Depaix), qui élèvent des bœufs wagyu (2) dans les Côtes-d’Armor. En 2009, le couple décide de reprendre l’exploitation familiale d’élevage de bovins limousins et de porcs et de se diversifier dans la production de bœufs wagyu, abattus à trois ans, dont la viande se distingue par son « persillé », insiste l’éleveur. Le troupeau compte désormais une trentaine de mères. La viande est vendue à des restaurateurs japonais installés en France. En parallèle, les époux lancent la marque Miyabi qui fédère une dizaine d’éleveurs français producteurs de bœuf wagyu. Leur ambition : ouvrir une chaîne de restaurants à l’enseigne Miyabi.

Dans la catégorie Initiatives collectives, le prix est attribué à la SCIC des Hautes-Vallées qui a repris l’abattoir de Guillestre (Hautes-Alpes), lequel avait déposé le bilan en 2016. Quelques mois plus tard, il rouvre ses portes sous la forme d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Une femme d’éleveur, Bénédicte Peyrot, prend la présidence tandis qu’une dizaine d’éleveurs et d’éleveuses se forment aux techniques d’abattage pour assurer le fonctionnement de l’outil. Une salle de découpe est installée pour permettre la vente directe. « C’est l’abattoir de la sérénité. Les bêtes sont bien traitées à l’abattoir. Les consommateurs sont ravis de pouvoir acheter une viande personnalisée. Notre modèle fait des émules », témoignent Bénédicte Peyrot et Amélie Griveau (Gaec d’Eibans).

Dans la catégorie Création d’entreprise agricole, les lauréats sont Mayra et François Aymonier (La Semilla, dans le Doubs : production de légumes et de plantes aromatiques, distillerie d’absinthe).

Dans la catégorie Performance technique, les lauréats sont Bruno et Olivier Bianchi, deux frères devenus les deuxièmes producteurs français de pleurotes (Gaec Champicreuse, dans la Creuse).

Dans la catégorie Pêche et culture marine, la lauréate est Maria-Nieves Castejon, seule productrice d’huîtres et de moules bio en région PACA (EURL Camargue Coquillages dans les Bouches-du-Rhône).

Le Prix Spécial du Jury est attribué à Claire et Jeoffrey Andna (EARL l’Ilot de la Meinau, Strasbourg), dont la ferme urbaine propose des légumes de saison cultivés sur place ainsi qu’une large gamme de produits d’agriculteurs alsaciens.

BC

(1) Un agriculteur sur cinq est client de son réseau, pour un total d’encours de prêts de 3,5 milliards d’euros, indique la Banque Populaire, à l’initiative du Prix national de la dynamique agricole.

(2) Le terme wagyu (wa : Japon, gyu : vache) fait référence à plusieurs races de bétail japonais, dont celle (Tajima) élevée pour être transformée en bœuf de Kobe. (source : Wikipedia)

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