Les terres d’élevage font sécession

Deux phénomènes résument le marché des terres et prés en 2020 : le repli du nombre de transactions (-8,5%) et le rebond du prix moyen (+1,3% à 6 080 €/ha), mais pas dans les zones d’élevage bovin (-1% à 4 630 €/ha).

La Fédération nationale des Safer a présenté, le 27 mai en visioconférence, les évolutions des marchés fonciers ruraux (terres et prés, vignes, forêts, maisons à la campagne, urbanisation) en 2020. Une année marquée par la crise de la Covid-19 qui a fait plonger le nombre de transactions durant le premier confinement (-49% à -65% en avril 2020 selon les marchés) avant un « rattrapage général en juin » puis des évolutions variables selon les types de biens. Sur l’ensemble de l’année, le nombre de transactions se replie de 3% (325 000), les surfaces échangées de 3,7% (664 000 ha), alors que la valeur globale progresse de 5,5% (36,8 milliards d’euros).

Sur le marché des terres et prés, la crise sanitaire « a mis fin à cinq années de hausse soutenue », aussi bien en termes de transactions (-8,5% à 86 820) que de surfaces (-4,5% à 406 400 ha) ou de valeur (-2,3% à 5,515 milliards d’euros). La mise en suspens des projets d’achats par les fermiers en place a pesé sur le nombre de transactions réalisées par les agriculteurs (-13,2%, -10,7% en surface), alors que la pression des personnes physiques non agricoles se renforçait (+3,4%, +8% en surface), le foncier leur apparaissant comme une « valeur refuge dans une période d’incertitude ». Le marché des parts sociales (sociétés d’exploitation et de portage du foncier) interrompt sa progression (-5,6% en nombre, -0,4% en surface).

Le prix moyen national des terres et prés libres, qui s’était stabilisé à 6 000 €/ha en 2019, repart à la hausse pour atteindre 6 080 €/ha (+1,3%) en 2020. En réalité, les prix des terres arables et des prairies continuent de diverger : 7 690 €/ha (+5,5%) en grandes cultures, 5 930 €/ha (-0,7%) en polyculture-élevage, 4 630 €/ha (-1%) en zone d’élevage bovin. Le prix en zones de grandes cultures a été « porté par un prix des céréales en hausse du fait de tensions sur les marchés mondiaux et de politiques de stockage des excédents nationaux dans certains grands pays producteurs ». A l’inverse, le prix en zones d’élevage bovin a été « miné par des résultats économiques en berne ». Résultat : un écart de 66% « jamais enregistré auparavant ».

BC

A télécharger :

L’essentiel des marchés fonciers ruraux en 2020 (Safer, 27 mai 2021)

L’occupation du sol entre 1982 et 2018 (ministère de l’agriculture, avril 2021)

Les formes nouvelles de propriété et d’accès au foncier (ministère de l’agriculture, mai 2021)

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