Le déclassement du lait bio crée des remous

Les jeunes agriculteurs du Grand Ouest dénoncent « l’amateurisme » de Sodiaal.

« Au milieu de l’été, la coopérative laitière Sodiaal a annoncé un déclassement de 10 % des volumes bio sur une période de 12 mois en lait non-OGM. Cela représente une sacrée perte financière pour tous les agriculteurs en agriculture biologique », dénoncent les jeunes agriculteurs (JA) du Grand Ouest (Pays de la Loire, Bretagne et Normandie) dans un communiqué du 6 septembre. Ils se disent « très inquiets à la fois pour les jeunes installés et pour tous les porteurs de projets qui ont prévu de s’engager en système biologique. Cette décision reflète un cruel manque de vision et d’anticipation, voire d’amateurisme. Elle risque de mettre en grande difficulté de nombreux jeunes agriculteurs sur nos territoires. »

« Pour les éleveurs, 100 % de leur volume est produit avec les coûts de production bio, ils n’ont pas de marge de manœuvre ! Dans un contexte de hausse des matières premières, l’impact risque d’être amplifié. Les éleveurs laitiers ont pourtant des contrats qui représentent un engagement réciproque entre un collecteur et un agriculteur. Est-ce aux agriculteurs de payer les pots cassés alors même qu’ils respectent, eux, leurs engagements ? »

44 % d’installés en bio

« La production est prête à répondre aux marchés de la bio ; preuve en est : 44 % des jeunes qui s’installent en filière laitière en Bretagne font le choix de l’agriculture biologique. Mais est-ce que le marché suivra ? Est-ce que les consommateurs seront au rendez-vous ? »

« Les récentes annonces concernant l’ambition bio de la France dans la future Pac doivent être mises en corrélation avec le marché. Pour cela, il est urgent de disposer d’indicateurs fiables et pertinents sur la filière laitière bio. JA Grand Ouest sera vigilant pour que le bio et, plus globalement, toutes les démarches de montée en gamme, se traduisent concrètement et durablement par une juste rémunération des producteurs. »

« Il faut de la visibilité et du revenu pour les jeunes. Ce n’est que par ce biais que nous attirerons de nouveaux producteurs dans le métier, chose indispensable pour relever le défi de la relève agricole ! », concluent les JA du Grand Ouest.

BC

(crédit photo : Semae)

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