Moins de lait bio

Les cessations d’activité et une moindre productivité des vaches expliquent un repli de 3,8 % de la collecte de lait bio sur les dix premiers mois de l’année.

« Depuis le printemps 2023, la collecte de lait bio s’oriente nettement à la baisse », constate l’interprofession laitière (Cniel) dans une note de conjoncture mise en ligne le 21 décembre. « En octobre, les livraisons ont même reculé de 8,8 % par rapport à octobre 2022. La production s’est effondrée dans la partie sud du pays (- 18 % en région Auvergne-Rhône-Alpes, – 15 % en Nouvelle-Aquitaine, – 15 % en Occitanie). Le recul était net, mais moins prononcé en Bretagne et dans les Pays de la Loire (- 6 %). » Sur les dix premiers mois de l’année, la collecte de lait bio diminue de 3,8 % (- 2,6 % en matière sèche utile).

« Ce ralentissement est notamment lié à la très forte accélération des cessations d’activité lait bio, qui dépassent les 5 % sur un an glissant, et se traduisent par une baisse du nombre de livreurs (- 3,5 % entre octobre 2022 et octobre 2023). En un an, le nombre de producteurs a baissé de 8 % en région Auvergne-Rhône-Alpes, de 6 % dans les Hauts-de-France et dans le Grand Est. Le repli est également lié à une baisse de la productivité laitière, notamment dans les Pays de la Loire et en Bretagne, où la collecte diminue alors que le nombre de livreurs est presque stable. »

Consommation et fabrications en berne

Sur les onze premiers mois de l’année, la consommation de produits laitiers bio dans les grandes et moyennes surfaces (GMS) diminue de 12 % par rapport à 2022 et de 23 % par rapport à 2019 en équivalent lait. En novembre 2023, la déconsommation se poursuit et concerne toutes les catégories de produits », précise le Cniel.

Les fabrications de produits laitiers bio ont diminué de 8 % en équivalent lait par rapport à 2022 sur les dix premiers mois de l’année. Un repli « légèrement moins fort que celui de la consommation en GMS, ce qui pourrait être le signe d’un recul moins marqué dans les autres circuits de commercialisation en 2023 (et d’une progression en restauration hors domicile) », analyse le Cniel.

« S’il concerne toutes les catégories, le décrochage des fabrications est particulièrement marqué sur la matière grasse (entre 2021 et 2023 : – 28 % dans les fabrications de beurre, – 9 % de crème). Le décrochage dans les fabrications de poudres conditionnées (- 20 % en deux ans) semble confirmer la morosité de la demande à l’export pour les poudres de lait infantile. »

Prix en hausse

En octobre 2023, le prix du lait bio était en hausse de 3 % par rapport à 2022, lui-même « déjà en hausse de 3 % l‘an dernier à pareille époque. Cette hausse moyenne cache une forte disparité entre les opérateurs ». Sur les 10 premiers mois de 2023, le prix du lait bio progresse en moyenne de 5 % sur un an, toujours selon le Cniel.

Selon le ministère de l’agriculture, le prix moyen du lait bio s’est établi à 551,4 €/1000 l en octobre 2023. Du jamais-vu, même en 2022.

BC

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