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Toujours plus d’élevages bovins bio

Le nombre d’exploitations et les surfaces conduites en agriculture biologique ont à nouveau nettement progressé en 2021, tandis que la consommation marquait le pas.

L’Agence bio a présenté, le 10 juin depuis la Drôme, les Chiffres 2021 du secteur bio. L’effectif de fermes bio atteint 58 413 (+10% sur an) et représente désormais 13% de l’ensemble des exploitations. Les surfaces cultivées ou en conversion augmentent de 9% sur un an pour atteindre 2,8 millions d’hectares, dépassant pour la première fois 10% de la SAU. Du coup, la France passe devant l’Espagne et devient numéro un en Europe. En termes de marché alimentaire bio, l’Allemagne demeure leader avec des ventes de 15,9 milliards d’euros en 2021 (+5,8%), la France conservant la deuxième place avec 13,27 Mds€ (-0,5%).

L’élevage bovin laitier réunit 5 222 exploitations bio ou en conversion (+6% sur un an) pour un total de 291 757 vaches (+7%), soit 8,44% du cheptel. L’élevage allaitant compte 6 599 exploitations bio ou en conversion (+6%) pour un total de 230 339 vaches (+4%), soit 5,73% du cheptel. Les surfaces toujours en herbe (STH) bio ou en conversion approchent 965 000 ha (+8%) et représentent 12,2% des prairies. Les cultures fourragères bio ou en conversion occupent 677 636 ha (+8%), soit 14,24% de l’ensemble.

Les céréales bio ou en conversion progressent de 15% pour atteindre 544 811 ha, soit 6,12% de la sole céréalière. A l’inverse, les oléagineux bio perdent un peu de terrain (-1% à 129 235 ha), de même que les protéagineux bio (-6% à 31 135 ha). Pour autant, l’an passé, la France est devenue « autosuffisante en grains pour la première fois », souligne Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio.

Un « grain » passager

En lait, Loïc Guines, président de l’Agence bio (et éleveur laitier en Ille-et-Vilaine), constate un « léger déséquilibre » entre l’offre et la demande dû à un « afflux de production ». « Si la consommation avait augmenté de 10%, comme les années précédentes, on n’en aurait pas parlé », explique-t-il en substance. Les ventes de lait bio au détail reculent de 6% par rapport à 2020 – année atypique à cause de la Covid-19 – mais elles augmentent de 3% par rapport à 2019. Même chose pour les produits laitiers bio dont les achats diminuent de 5% sur un an mais demeurent en progression de 1% sur deux ans.

Loin de s’affoler – il évoque le passage d’un « grain » passager –, le président de l’Agence bio se « réjouit que des agriculteurs continuent de vouloir aller vers la bio ». En Bretagne, témoigne-t-il, ce mode de production draine 40% des projets d’installations. Pour résorber la surproduction actuelle en lait (ou en œuf), c’est sur la demande qu’il faut agir, estime Laure Verdeau. « Plus le citoyen est informé sur les produits bio, plus il en consomme ». C’est le sens de la campagne de promotion « Bioréflexe » diffusée actuellement à la radio ou du repère visuel « Il Lait Là » lancé par Biolait.

BC

LES REACTIONS

« La collecte va continuer d’augmenter » (Fnab, Forébio)

Les chiffres présentés par l’Agence bio « montrent un ralentissement du marché, certes à relativiser au regard de la conjoncture alimentaire globale, mais qui constitue un coup d’arrêt violent dans un contexte de croissance à deux chiffres de la bio depuis 10 ans », réagissent la Fnab (1) et la Forébio (2) dans un communiqué commun du 10 juin. « Par ailleurs, sur le terrain, le premier semestre 2022 laisse penser que la situation va en s’aggravant dans la majorité des filières et qu’il faut absolument renforcer la dynamique de communication enclenchée depuis le début 2022 avec les interprofessions. »

« Les remontées du terrain sur le premier semestre 2022 montrent un arrêt de la dynamique de conversion depuis le début de l’année, et ce de façon assez globale sur le territoire national. En parallèle, du côté des organisations économiques 100% bio, les retours des opérateurs des filières indiquent une accélération des difficultés pour trouver des débouchés à la production biologique sur le 1er semestre et une nécessité de mettre en place des leviers de régulation pour gérer le déséquilibre. »

« La campagne Bioréflexe doit composer avec un financement ne lui permettant pas de répondre aux enjeux. « Il est primordial qu’une seconde campagne soit planifiée dès à présent pour la rentrée de septembre avec des budgets suffisants pour diffuser des campagnes à la télévision », avertit Philippe Camburet, président de la Fnab. « On sait déjà que, sur le lait, la collecte va continuer d’augmenter en 2022 et qu’il faut plus que jamais mobiliser tous les débouchés. Il est maintenant primordial que tous les acteurs intervenant sur la bio (spécialisé ou non) se mobilisent pour donner une continuité à cette première étape qui s’annonce réussie. »

(1) Fédération nationale de l’agriculture biologique

(2) Fédération des organisations économiques 100% bio

A télécharger :

Lettre ouverte de la filière bio aux distributeurs (28 nov. 2022)

Tableau de bord hebdomadaire des produits laitiers (FranceAgriMer, 17 juin 2022)

Bulletin hebdomadaire des filières ruminants (Interbev, 15 juin 2022)

L’économie laitière en chiffres (Cniel, 13 juin 2022)

Tableau de bord hebdomadaire des produits laitiers (FranceAgriMer, 10 juin 2022)

Conjoncture du lait de vache bio (FranceAgriMer, 9 juin 2022)

Conjoncture du lait de vache conventionnel (FranceAgriMer, 9 juin 2022)

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