Un prix d’équilibre à 303 €/1000 l

126 laitières à plus de 9 300 l de moyenne économique, 90 truies, un méthaniseur qui monte en puissance, en attendant la robotisation de la traite : le Gaec de Jammes associe un système intensif à la vache laitière à la diversification.

Le Gaec de Jammes, à Saint-Julien de Piganiol, à la lisière de l’Aveyron et du Cantal, résulte du rapprochement de six petites fermes laitières il y a une trentaine d’années, explique Ludovic Rouquette , dont la famille s’est associée aux familles Bellenguez, Castanier et Molénat. L’exploitation de 144 ha (dont 15 ha irrigués) produit 1,17 million de litres de lait vendus à Sodiaal (340,3 €/1000 l en 2018), pour un chiffre d’affaires voisin de 400 000 € par an. S’y ajoutent les 300 000 € de l’élevage porcin (2 000 animaux par an) et les 100 000 € d’électricité générés par la méthanisation en voie liquide des effluents bovins et porcins, mélangés avant leur introduction dans le digesteur. Un nouveau moteur, plus puissant (150 kWe), doit permettre de doubler cette ressource, grâce aussi à l’apport de nouvelles matières par « 4 ou 5 voisins ». Des intercultures sur 5 ou 6 ha sont prévues pour l’approvisionnement du méthaniseur en été, quand il y a moins de fumier en bâtiment (logettes raclées).

Robots en vue

Côté travail, avec 4,9 unités de main d’œuvre (UMO), dont 3 UMO lait et 0,4 UMO salariée, « on est au taquet », témoigne Ludovic Rouquette. Surtout, d’ici à deux ans, deux associés doivent partir à la retraite. Le Gaec, à la recherche d’un nouvel associé, prépare son passage à un robot 2 stalles, en remplacement de la 2 x 8 TPA actuelle (la traite prend 5 h/j à deux). Les associés s’interrogent aussi sur le maintien de la porcherie, quasiment amortie, dont l’aliment est acheté à l’extérieur. « Nous n’avons pas assez de céréales pour nourrir à la fois les vaches et les porcs. » La ration de base repose sur l’ensilage de maïs (34 ha), auquel s’ajoutent de l’herbe, des méteils et du foin de luzerne. Les taries reçoivent la même ration, mais en moindre quantité (1/3). Il n’y a pas de dessilage le dimanche, mais 130 % de la ration est distribué le samedi après-midi par une dessileuse automatrice en Cuma, dans un souci de simplification du travail.

37 500 € par exploitant

Une « forte productivité par vache laitière pour limiter le temps de travail » fait partie des choix stratégiques du Gaec de Jammes, d’autant que le bâtiment est « saturé ». En 2018, la moyenne économique s’est établie à 9 316 l. La production a atteint 9 743 l/ha SFP, soit le double de la moyenne départementale, ou encore 390 000 l/UMO lait. Le coût alimentaire ressort à 143 €/1000 l pour un total de charges opérationnelles de 166 €/1000 l (chiffres Ecolait BTPL). La marge brute s’élève à 246 €/1000 l ou 96 000 €/UMO. Le prix d’équilibre (MO incluse) s’établit à 303 €/1000 l et le coût de production du lait à 331,8 €/1000 l (avec MO et MSA standards). Le revenu disponible lait a avoisiné 97 500 € en 2018, soit 37 500 €/UMO exploitant.

BC

Article initialement publié dans Grands Troupeaux Magazine n° 77 à la suite des 3èmes “rencontres grands troupeaux” du BTPL (6 et 7 novembre 2019)

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