Maïs fourrage : des ensilages lancés !

La campagne d’ensilage du maïs fourrage démarre avec une précocité exceptionnelle dans de nombreuses régions françaises. En cause, un déficit hydrique marqué depuis le printemps, aggravé par trois épisodes de canicule, qui accélère la dessiccation des plantes et réduit fortement leur potentiel de rendement. Dans les situations les plus pénalisées, les premiers ensilages ont même été réalisés dès le début du mois de juillet.

Selon Arvalis, la situation reste très contrastée d’une région à l’autre et même d’une parcelle à l’autre, en fonction de la date de semis, du type de sol et de sa réserve utile. Si la floraison se termine dans les secteurs les plus tardifs, les parcelles les plus précoces ont déjà atteint le stade limite d’avortement des grains (SLAG). Or, les précipitations sont restées très limitées depuis la floraison dans la plupart des bassins de production, accentuant encore le stress hydrique.

Une récolte attendue dès la première quinzaine d’août

Les prévisions d’Arvalis indiquent que les chantiers d’ensilage vont s’engager massivement dès la première quinzaine d’août, soit avec plusieurs semaines d’avance dans certaines régions. L’institut appelle toutefois à interpréter ces prévisions avec prudence. Les conditions climatiques exceptionnelles de cette campagne rendent les modèles moins fiables qu’à l’accoutumée. Le taux de matière sèche peut en effet évoluer très rapidement lorsque les plantes subissent un fort déficit hydrique. C’est pourquoi la décision de récolte doit impérativement s’appuyer sur une visite de chaque parcelle plutôt que sur une date théorique.

Observer les parcelles avant toute décision

Arvalis recommande d’examiner plusieurs critères directement au cœur des parcelles : le gabarit des plantes, l’état du feuillage, le niveau de fécondation des épis et l’avancement du remplissage des grains. Le nombre définitif de grains ne peut être correctement évalué qu’environ trois semaines après la floraison. Même après le stade limite d’avortement des grains, un manque d’eau réduit le remplissage des grains, accélère le dessèchement des feuilles et des tiges et avance la maturité des plantes. Dans les situations les plus sévères, certains maïs pourront être récoltés avec peu, voire sans épi.

Une valeur alimentaire qui peut rester correcte

L’absence d’épi entraîne naturellement une forte baisse de la teneur en amidon du fourrage. Toutefois, les essais conduits par ARVALIS lors de précédentes années sèches montrent que la digestibilité des tiges et des feuilles peut rester satisfaisante lorsque les fibres conservent une bonne qualité. Dans ces conditions, la valeur énergétique du fourrage ne s’effondre pas systématiquement. Des références américaines citées par l’institut évoquent même des valeurs énergétiques comprises entre 85 et 100 % d’un maïs ensilage classique pour certaines cultures fortement touchées par la sécheresse, même si ces résultats doivent être interprétés avec précaution dans le contexte de cette campagne. Face à une campagne 2026 particulièrement atypique, le mot d’ordre reste donc le même : observer chaque parcelle avant de déclencher la récolte afin de préserver au mieux le rendement et la qualité alimentaire du fourrage.

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