Après un début d’année particulièrement dynamique, la filière laitière française fait face aux conséquences des épisodes de fortes chaleurs qui ont marqué les mois de mai et de juin. Si la collecte reste en progression, les effets des canicules se font déjà sentir sur les performances des troupeaux et pourraient peser durablement sur les systèmes d’élevage.
La production mondiale de lait demeure soutenue dans les principaux bassins exportateurs. En Nouvelle-Zélande, aux États-Unis comme dans l’Union européenne, les volumes progressent d’environ 3,5 % sur un an. Cette offre abondante alimente des stocks importants de produits industriels, notamment de beurre. Dans ce contexte, le marché du beurre poursuit son repli. Le prix du beurre industriel est ainsi redescendu aux alentours de 4 000 € la tonne. À l’inverse, la poudre de lait écrémé semble avoir trouvé un point d’équilibre, avec un cours qui se stabilise autour de 2 700 € la tonne.
Une collecte toujours en hausse
En France, la collecte laitière affiche toujours une hausse de 2 % depuis le début de l’année 2026. Le premier trimestre avait enregistré une progression particulièrement soutenue. Cependant, les deux épisodes caniculaires de la fin du printemps ont nettement ralenti cette dynamique. Les fortes températures ont entraîné une baisse immédiate de la production quotidienne des vaches laitières, conséquence directe du stress thermique, de la diminution de l’ingestion et de la dégradation du confort des animaux. Au-delà de cet impact immédiat, les inquiétudes portent désormais sur les ressources fourragères. Le déficit hydrique observé dans de nombreuses régions compromet la production des prairies et des cultures fourragères.
Décapitalisation du cheptel en vue ?
Si les stocks venaient à manquer à l’automne ou durant l’hiver prochain, certains élevages pourraient être contraints de réduire leur cheptel, accentuant un phénomène de décapitalisation déjà observé ces dernières années. Dans le même temps, les charges d’exploitation repartent à la hausse. L’indice Ipampa Lait de vache de l’Institut de l’Élevage progresse de 5 % en mai 2026 par rapport à mai 2025, traduisant une nouvelle augmentation du coût des intrants après plusieurs mois d’accalmie. Cette évolution intervient alors que le prix du lait est orienté à la baisse. Selon l’enquête mensuelle de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel s’établit à 414 € pour 1 000 litres en mai 2026. Il recule de 53 € par rapport à mai 2025, soit une baisse de 11 % sur un an. Cette diminution réduit les marges de manœuvre économiques des exploitations, au moment même où les coûts de production repartent à la hausse.
Pour les consommateurs, les répercussions restent limitées. Les prix des produits laitiers en magasin n’ont évolué que modérément au cours des douze derniers mois, malgré les fluctuations observées sur les marchés industriels. À court terme, le marché mondial des produits laitiers reste bien approvisionné grâce aux stocks constitués ces derniers mois. En revanche, les perspectives pour la seconde partie de l’année dépendront largement de l’évolution des conditions climatiques. Si de nouveaux épisodes de canicule devaient se succéder, leurs conséquences sur les récoltes fourragères et sur la production laitière européenne pourraient progressivement modifier l’équilibre du marché.
D’après un communiqué du Cniel du 30 juillet
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