2026, annus horribilis pour le maïs

La récolte française de maïs devrait atteindre un niveau exceptionnellement bas en 2026. Selon les premières estimations d’Agreste publiées en août, la production de maïs grain, semences comprises, ne dépasserait pas 9 millions de tonnes, soit une chute de 35 % en un an. La baisse des surfaces, combinée à l’effondrement des rendements sous l’effet de la sécheresse et des fortes chaleurs, conduit à une campagne parmi les plus mauvaises des dernières décennies.

La sole de maïs grain et semences est estimée à 1,281 million d’hectares, contre 1,613 million en 2025, soit un recul de 21 %. Le rendement moyen s’établirait à 70,3 q/ha, en baisse de 19 % sur un an. Un tel niveau n’avait plus été observé depuis la canicule de 2003, lorsque le rendement moyen était tombé à 69,7 q/ha.

Le maïs grain lourdement pénalisé
Pour le seul maïs grain, Agreste estime la production à 8,8 Mt, en baisse de 35,5 % sur un an et de 34,1 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Les surfaces reculent de 21,4 %, à 1,216 million d’hectares, tandis que le rendement moyen chute à 72,5 q/ha, soit 18 % de moins qu’en 2025. L’irrigation permet toutefois de limiter les dégâts. Les surfaces irriguées produiraient environ 3,7 Mt, avec un rendement moyen de 99,8 q/ha. À l’inverse, le maïs non irrigué subirait une baisse de production de plus de 40 %, avec seulement 59,3 q/ha en moyenne.

La dégradation des cultures a été particulièrement rapide à partir de la mi-juin. Les fortes températures et le manque d’eau sont intervenus au moment de la floraison, période particulièrement sensible pour la formation du rendement. Au 27 juillet, seuls 34 % des maïs grain étaient classés en bon ou très bon état, contre 84 % au 15 juin et 76 % en moyenne sur les cinq dernières années.

Le maïs fourrage également touché
Les éleveurs ne sont pas épargnés. La production de maïs fourrage est estimée à 11,4 Mt, en recul de 26,7 % sur un an et de 30,3 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Les surfaces résistent davantage, avec 1,156 million d’hectares, soit seulement 3,3 % de moins qu’en 2025. C’est surtout le rendement qui décroche. Il est évalué à 98,2 q/ha, contre 129,6 q/ha l’an dernier, soit une baisse de 24,2 %. Pour les élevages laitiers, cette baisse constitue un point de vigilance majeur. Après un printemps déjà marqué par le déficit de pousse des prairies, la faiblesse du rendement des maïs fourrage risque de renforcer les tensions sur les stocks. La qualité des ensilages devra également être surveillée dans les parcelles récoltées précocement en raison du dessèchement des plantes.

Des réorientations de parcelles à surveiller
Les chiffres publiés par Agreste au 1er août restent provisoires. Ils pourraient notamment évoluer en fonction des réorientations de parcelles initialement destinées au grain vers l’ensilage. Dans certaines régions, des maïs fortement pénalisés par la sécheresse pourraient en effet être récoltés comme fourrage plutôt que conduits jusqu’à la récolte en grain. Cette réorientation permettrait de récupérer une partie de la biomasse disponible pour les élevages, mais elle ne suffira pas nécessairement à compenser le déficit fourrager attendu cette année.

Le maïs semences connaît lui aussi une campagne difficile. Avec 182 000 tonnes attendues, la production reculerait de 21,6 % sur un an et de 33 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Les surfaces restent stables, à 65 000 hectares, mais le rendement chute à 28,1 q/ha, contre 35,7 q/ha en 2025.

Entre la réduction des surfaces semées et les pertes de rendement liées à la sécheresse et aux canicules, 2026 pourrait ainsi constituer l’une des plus mauvaises campagnes de maïs jamais enregistrées en France. Pour les exploitations d’élevage, la faiblesse conjointe des prairies et du maïs fourrage renforce encore la nécessité de sécuriser les stocks pour la campagne 2026-2027.

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