Face au manque de fourrages provoqué par la sécheresse, les consommateurs sociétaires de « C’est qui le Patron ?! » ont voté en urgence une évolution du cahier des charges de la démarche. La limite d’approvisionnement de 100 km est temporairement supprimée, afin de permettre aux éleveurs de trouver plus facilement les volumes nécessaires à l’alimentation de leurs troupeaux.

L’été 2026 met les élevages laitiers à rude épreuve. Après plusieurs épisodes de chaleur et un déficit hydrique marqué, la pousse de l’herbe et le rendement des cultures fourragères sont fortement pénalisés. Les premiers chantiers de maïs ensilage ont déjà commencé dans plusieurs régions, avec des rendements annoncés en baisse de 30 à 50 % selon les bassins, d’après les estimations communiquées par « C’est qui le Patron ?! ».
Au-delà de la baisse des volumes, c’est également la disponibilité des matières premières qui inquiète. Avec des stocks limités, les éleveurs peuvent rencontrer des difficultés pour acheter les fourrages nécessaires à la couverture des besoins du troupeau. Une situation qui intervient alors que les coûts d’approvisionnement progressent et que la qualité nutritionnelle des fourrages disponibles peut être très variable.
Une règle assouplie jusqu’en décembre
Pour répondre à cette situation, les consommateurs sociétaires de la démarche ont été consultés en urgence. En seulement 72 heures, ils ont validé une dérogation permettant de lever, jusqu’au 15 décembre 2026, la règle limitant à 100 km la distance d’approvisionnement en fourrages. L’objectif est de donner davantage de possibilités aux éleveurs pour sécuriser leur alimentation, notamment lorsque les ressources disponibles à proximité de l’exploitation sont insuffisantes.
La dérogation reste toutefois encadrée. Les fourrages devront être d’origine française et sans OGM. Les producteurs devront rechercher en priorité une solution au plus près de leur exploitation et ne pourront utiliser la dérogation que pour les volumes nécessaires à la sécurisation de l’alimentation du troupeau. Ils devront également déclarer leur situation et conserver les justificatifs liés à leurs achats.
Jusqu’à la prochaine récolte
L’enjeu est de couvrir les besoins alimentaires sur plusieurs mois. Selon les situations, les volumes achetés doivent permettre d’assurer l’alimentation du troupeau jusqu’à la prochaine récolte, qui pourra intervenir seulement au printemps 2027. La mesure concerne les différentes filières laitières engagées dans la démarche : lait conventionnel et bio, beurre de baratte et bio, fromage blanc, yaourts, crème UHT et emmental.
Cette initiative intervient alors que la sécheresse touche largement le territoire français. Au 5 août, le ministère de l’Agriculture recensait 98 départements concernés par la sécheresse, dont 57 en situation de crise, avec des conséquences directes sur les prairies, les cultures et l’alimentation des troupeaux. L’État a depuis activé une cellule nationale « Sécheresse » et prépare un plan d’accompagnement des exploitations touchées.
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