Blés 2026 : des premières tendances à confirmer

La récolte 2026 de blé tendre se précise progressivement, avec des résultats qualitatifs encore partiels.

L’enquête menée par FranceAgriMer et Arvalis auprès des collecteurs porte à ce stade sur 44 % des échantillons pour les principaux critères physiques et technologiques. Les analyses sont moins avancées pour la force boulangère, l’élasticité et le rapport P/L, avec 23 % des échantillons étudiés. La classification globale ne porte pour l’instant que sur 33 % des échantillons. Cette prudence est d’autant plus nécessaire que la campagne a été marquée par des conditions climatiques difficiles. Le rendement national du blé tendre est estimé à 69,3 q/ha, pour une production de 32 millions de tonnes, en recul de 4 % sur 2025. Les fortes chaleurs de fin de cycle ont notamment pénalisé plusieurs grands bassins céréaliers.

Des protéines à surveiller

Le taux de protéines constitue l’un des premiers critères à regarder cette année. Les résultats disponibles sont encore répartis entre les différentes classes, de moins de 11 % à plus de 11,5 %. L’enquête ne permet toutefois pas encore de dégager une moyenne nationale définitive. Ce critère sera particulièrement observé car il conditionne en partie le classement commercial des lots. Pour être classé « Premium », un blé doit notamment atteindre au moins 11,5 % de protéines. Le seuil est fixé à 11 % pour la classe « Supérieur » et à 10,5 % pour la classe « Médium ». Les premières cartes montrent surtout une forte diversité régionale, avec des situations qui restent à préciser au fur et à mesure de l’arrivée des analyses. Il faudra donc attendre une proportion beaucoup plus importante de la collecte pour savoir si la baisse des rendements s’est accompagnée ou non d’un effet marqué sur la concentration en protéines.

Des poids spécifiques qui seront déterminants

Le poids spécifique est également suivi selon trois niveaux, sous 76 kg/hl, entre 76 et 78 kg/hl et au-delà de 78 kg/hl. Là encore, 44 % seulement des échantillons ont été analysés.Ce critère sera à surveiller dans une campagne où les conditions de remplissage du grain ont été fortement influencées par les températures élevées de fin de cycle. Les premiers résultats disponibles ne permettent cependant pas encore de conclure à une dégradation générale du poids spécifique.

Hagberg : pas de signal généralisé à ce stade

L’indice de chute de Hagberg est réparti en quatre catégories, de moins de 170 secondes à plus de 240 secondes. Ce dernier seuil constitue l’exigence de la classe Premium. Pour la classe Supérieur, le seuil est fixé à 220 secondes et à 170 secondes pour la classe Médium.
Les résultats encore partiels ne font pas apparaître, dans le document disponible, de signal national permettant de parler d’une dégradation généralisée du Hagberg. La situation devra être suivie avec les prochaines vagues d’analyses.

La qualité technologique reste à préciser

Les critères les plus fins de qualité boulangère sont encore nettement moins renseignés. Seuls 23 % des échantillons ont été analysés pour la force boulangère, l’indice d’élasticité et le rapport P/L.La force boulangère est actuellement répartie entre les niveaux inférieurs à 150, de 150 à 170, de 170 à 200 et supérieurs ou égaux à 200. Pour l’indice d’élasticité, les seuils retenus sont 55 et 60. Le rapport P/L est, lui, réparti autour de 0,8, 1 et 1,2. Il est donc encore trop tôt pour dresser un bilan technologique complet de la récolte.

Une récolte encore difficile à classer

La classification combine le taux de protéines, la force boulangère, le poids spécifique et l’indice de chute de Hagberg. À ce stade, seulement 33 % des échantillons sont suffisamment renseignés pour établir cette répartition. La première tendance de la récolte 2026 est donc avant tout celle d’une forte hétérogénéité, qui devra être précisée par les prochains résultats. Dans un contexte de rendements en baisse et de fin de cycle particulièrement chaude, les principaux points de vigilance portent sur le taux de protéines et le poids spécifique, tandis que les critères technologiques restent encore trop peu documentés pour tirer une conclusion nationale.

Le classement définitif des blés 2026 devra donc attendre une part beaucoup plus importante de la collecte analysée. Cette photographie sera particulièrement intéressante à comparer à celle de 2025, année au cours de laquelle 64 % de la collecte avait finalement été classée « Premium » ou « Supérieur ».

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