Interbev dénonce «l’éco-score»

Interbev dénonce «l’éco-score»

La méthodologie retenue pour attribuer une note écologique aux produits alimentaires pénalise les viandes issues d’élevages herbagers au profit des systèmes réputés plus « intensifs », estime la filière des ruminants.

« Alors qu’en application de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, le Gouvernement pilote depuis plusieurs semaines une expérimentation nationale de l’affichage environnemental, plusieurs groupes privés ont décidé de s’affranchir de ce cadre réglementaire pour présenter, ce jour, leur dispositif « indépendant » d’éco-score des produits alimentaires », regrette l’interprofession bétail et viandes (Interbev) dans un communiqué du 7 janvier. « Cette opération publicitaire va à l’encontre de l’objectif, partagé entre pouvoirs publics, ONG et filières, de proposer au consommateur un affichage environnemental fiable, transparent, complet et reposant sur une méthode de calcul solide et collectivement validée. »

Selon Interbev, « ce nouvel éco-score repose principalement sur la base de données Agribalyse, récemment dénoncée par de nombreuses organisations professionnelles et associations de protection de l’environnement, en raison de ses limites méthodologiques qui contribuent, notamment, à pénaliser les viandes issues d’élevages herbagers au profit de systèmes beaucoup plus « intensifs ». »

Déjà, à la mi-décembre, Interbev avait contesté la base de données Agribalyse qui repose sur l’analyse du cycle de vie (ACV). « Cette méthode, qui consiste à additionner des impacts environnementaux tout au long du cycle de production pour les rapporter au kilogramme de produits, présente un biais majeur lorsqu’il s’agit d’analyser l’empreinte environnementale des produits issus de l’élevage : elle favorise les cycles de production les plus courts, donc les plus industriels. De même, elle ne comptabilise pas l’ensemble des services rendus par les élevages d’herbivores français, tel que le stockage de carbone dans le sol des 13 millions d’hectares de prairies entretenus par cette activité, sur notre territoire. En bref, une viande issue de parcs d’engraissement américains affiche un meilleur score environnemental qu’une viande issue de bovins pâturant en France sur de grandes surfaces de prairie qui stockent du carbone et protègent la biodiversité ! »

BC

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