Les transformateurs sous pression

« Les industriels de la filière lait risquent une érosion sensible de leurs marges en 2022 et 2023 », anticipe le Crédit Agricole.

L’Observatoire financier des entreprises agroalimentaires, publié par la banque verte, consacre son numéro 28 à une analyse économique de la filière laitière. Ses travaux ont porté sur les données comptables disponibles au 31 mars 2022. Résultat : « bien que demeurant à un niveau satisfaisant, la structure financière de la filière se dégrade de façon prononcée (…) en raison d’une reprise des investissements. Pour autant, cette détérioration ne se traduit pas sur les risques qui sont toujours bas comparativement à l’agroalimentaire dans son ensemble. »

« La filière lait, dans son ensemble, bénéficie d’une progression soutenue de son activité de plus de 3 % sur l’exercice 2021, provenant, pour une large part, d’une croissance organique. L’effet prix est prépondérant, surtout en France où les volumes ont pu manquer. Les industriels ont donc parfois arbitré entre les types de productions. Il est important de souligner que les entreprises petites et moyennes sont largement plus dynamiques que le reste de l’échantillon, démontrant une nouvelle fois l’orientation du marché vers des produits locaux, notamment les AOP fromages. »

« Incertitude et anxiété »

« La flambée des prix des matières premières agricoles et de l’énergie plonge l’agriculture et les industriels de l’agroalimentaire dans l’incertitude et l’anxiété pour 2023. La situation est fragile et il est impossible de faire des prévisions tant elles dépendent de facteurs multiples sur lesquels les industriels n’ont aucune maîtrise (guerre en Ukraine, météo, stocks de gaz, état du parc nucléaire, etc.). Des sites industriels ont d’ores et déjà limité leur production, notamment certaines tours de séchage de lait, très énergivores. »

« Plus que jamais, le sujet des négociations commerciales est un enjeu pour l’ensemble de la filière. Si le secteur laitier semble parvenir à passer des hausses supérieures à la moyenne alimentaire, ces dernières restent insuffisantes pour le maintien des marges. De fait, les hausses de prix s’appuient surtout sur la partie « MPA » (matières premières agricoles, désormais « sanctuarisées » par la loi Egalim 2), et très peu sur l’évolution des « MPI » (matières premières industrielles, emballages, énergie, etc.). » Et le Crédit Agricole de conclure que, « de façon générale, les industriels de la filière lait risquent une érosion sensible de leurs marges en 2022 et 2023 ».

BC

A voir :

Vidéo mensuelle de conjoncture laitière (Cniel, 12 janv. 2023)

A télécharger :

La consommation de produits locaux (Fondation Jean Jaurès, 20 janvier 2023)

Indicateurs économiques mensuels (Cniel, 20 janvier 2023)

Tendances Lait Viande n° 346 (Institut de l’élevage, 19 janvier 2023)

La collecte entame 2023 dans le rouge (FranceAgriMer, 17 janv. 2023)

Tableau de bord européen des produits laitiers (DG Agri, 11 janv. 2023)

La collecte a rechuté en décembre (FranceAgriMer, 10 janv. 2023)

Détente des prix agricoles et des prix des intrants (ministère de l’agriculture, 11 janv. 2023)

Prix record pour le lait et la viande bovine en 2022 (Cerfrance, 6 janv. 2023)

Prix des produits laitiers industriels (FranceAgriMer, 4 janv. 2023)

Tableau de bord européen des produits laitiers (DG Agri, 4 janv. 2023)

Performances à l’export des filières agricoles et alimentaires (FranceAgriMer, 5 janv. 2023)

Balance commerciale agroalimentaire 2022 (FranceAgriMer, 5 janv. 2023)

A lire également :

Les coopératives laitières dans la seringue (5 sept. 2022)

L’agroalimentaire se serre la ceinture (9 nov. 2022)

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