Lait bio : un repli entamé au printemps

Après un début d’année encourageant, la collecte française de lait de vache biologique marque le pas depuis le mois d’avril 2026. Entre contrecoups sanitaires et transition alimentaire, la filière navigue dans un contexte de production hétérogène, contrastant avec le dynamisme de certains de nos voisins européens.  La canicule ne fera qu’accentuer ce phénomène. 

Ce coup d’arrêt  de la collecte du lait bio intervient après un hiver solide. Le premier trimestre 2026 laissait présager une dynamique positive avec une progression des volumes de 3,6 % par rapport à 2025. Cette hausse, portée par la qualité des fourrages récoltés l’année précédente, a toutefois pris fin brutalement en avril. La collecte a alors renoué avec sa tendance baissière, impactée par la transition vers le pâturage et, de manière plus structurelle, par la baisse continue du nombre de livreurs. En avril 2026, la France comptait 3 545 producteurs de lait bio.
La FCO : une fracture géographique marquée
L’analyse régionale révèle une véritable dichotomie, héritage des vagues de Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) de 2025 qui ont durablement affecté la fertilité des troupeaux. À l’Ouest, les zones fortement touchées subissent un net recul : les Pays de la Loire affichent une chute de 11 % et la Bretagne de 9,5 %. À l’Est et au Nord, la tendance reste inverse : le Grand Est progresse de 7,4 % et les Hauts-de-France de 4,8 % sur le mois d’avril.
Prix et transformation : une résistance relative
Le prix réel payé aux producteurs s’est établi en moyenne à 537,7 €/1 000 l sur les quatre premiers mois de l’année (+ 3,2 % par rapport à 2025). Cependant, le mois d’avril a marqué une inflexion avec un prix inférieur de 7,5 € à celui de l’année précédente. Cette baisse est toutefois atténuée par une bonne teneur en matière sèche utile (MSU), qui limite le recul de la ressource disponible pour les transformateurs. Du côté des produits finis, le marché est à deux vitesses : l’ultra-frais (+ 7,7 %), la crème (+ 8,5 %) et les fromages frais (+ 12,9 %) tirent la croissance, tandis que le lait conditionné (- 5,2 %) et le beurre (- 1,8 %) sont en retrait.
L’Europe du Nord garde le cap
Pendant que la collecte française vacille, l’Allemagne et l’Autriche affichent une santé de fer avec des croissances supérieures à 5 % sur les quatre premiers mois de 2026. Outre-Rhin, cette abondance de lait a permis de doper la production de beurre et de fromage, malgré un prix au producteur qui commence à s’essouffler, se rapprochant des niveaux de 2025. Au Danemark, la collecte retrouve également des couleurs depuis mars, sans toutefois compenser les lourdes pertes de l’année 2025.8910

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