Les signaux de ralentissement observés depuis le début de l’année se confirment dans la filière bovine. En mai 2026, selon Agreste, les abattages de gros bovins affichent une baisse marquée, portée notamment par le recul des réformes de vaches allaitantes. Dans le même temps, les cours des animaux s’orientent à la baisse, tandis que les charges de production continuent de progresser. Sur le front du commerce extérieur, les exportations de viande bovine et de broutards restent en net retrait.
En mai 2026, les abattages de gros bovins atteignent 222 000 têtes, soit une diminution de 4,6 % par rapport à mai 2025 et de 10,5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les vaches allaitantes enregistrent le recul le plus marqué avec seulement 50 000 têtes abattues, en baisse de 11,9 % sur un an. Les abattages de vaches laitières diminuent également de 3 %, tandis que ceux des génisses reculent de 5,8 %. À l’inverse, les gros bovins mâles font preuve d’une certaine stabilité avec une légère progression de 0,4 % par rapport à l’an dernier, même si leur niveau reste inférieur de 6,2 % à la moyenne 2021-2025. Le repli touche également les veaux de boucherie, dont les abattages diminuent de 5,6 % sur un an. Au total, l’ensemble des abattages bovins atteint 291 000 têtes, soit une baisse de 4,8 % par rapport à mai 2025.
Les cours des bovins corrigent après plusieurs mois de hausse
Après avoir atteint des niveaux historiquement élevés, les cours des bovins amorcent un repli au printemps. Le prix moyen de la vache de réforme O perd ainsi 33 centimes par kilogramme de carcasse entre avril et mai, soit une baisse mensuelle de 4,9 %. Malgré cette correction, le cours demeure supérieur de 7,3 % à celui observé en mai 2025 et dépasse encore de près de 35 % la moyenne des cinq dernières années. Le marché du veau de boucherie suit la même tendance. Son cours recule de 4,1 % sur un mois et se situe désormais 5,6 % en dessous de son niveau de l’an passé. Cette évolution traduit un ajustement du marché après plusieurs mois de tension sur l’offre, dans un contexte où la consommation reste relativement stable mais où les débouchés à l’export se dégradent.
Des charges de production toujours en hausse
Si les prix des animaux montrent des signes de faiblesse, les coûts de production continuent quant à eux d’augmenter. Selon l’indice Ipampa bovins viande, le prix des intrants progresse de 8,7 % en avril 2026 par rapport à avril 2025. Il dépasse également de 7,7 % la moyenne des cinq dernières années. Comme les mois précédents, cette hausse est principalement alimentée par l’augmentation du coût du carburant et des engrais. Une situation qui maintient la pression sur les marges des exploitations bovines, malgré des niveaux de prix encore relativement favorables pour les animaux.
Un commerce extérieur de plus en plus déficitaire
Le marché de la viande bovine française reste pénalisé par une contraction des exportations. En avril 2026, les exportations de viande et préparations bovines chutent de 19,9 % sur un an pour atteindre 16 461 tonnes équivalent carcasse (tec). Dans le même temps, les importations progressent de 4,6 % pour atteindre 28 550 tec. Conséquence directe : le déficit commercial se creuse fortement. Il passe de 6 734 tec en avril 2025 à 12 089 tec en avril 2026. Malgré cette dégradation des échanges, la consommation apparente de viande bovine demeure quasiment stable sur un an (-0,2 %), même si elle reste inférieure de 5,5 % à la moyenne observée entre 2021 et 2025.
Les exportations de broutards poursuivent leur chute
Les difficultés observées sur les marchés extérieurs concernent également les animaux vivants. En avril 2026, les exportations de broutards reculent de 22,7 % par rapport à l’année précédente et de 14,1 % par rapport à la moyenne quinquennale. La baisse est particulièrement marquée pour les bovins mâles de plus de 300 kg (-29,6 %) ainsi que pour les broutards légers (-33,7 %). Les exportations de veaux d’élevage sont elles aussi orientées à la baisse avec un recul de 21,5 % sur un an. Cette situation confirme les difficultés rencontrées depuis le début de l’année sur plusieurs marchés d’exportation, avec des conséquences directes sur les débouchés de nombreuses exploitations spécialisées dans la production de broutards.
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