Maïs fourrage : attendre ou récolter ?

Le déficit hydrique observé depuis la fin du printemps intervient à un moment particulièrement sensible pour les maïs fourrages, dont beaucoup approchent actuellement de la floraison. Selon l’intensité du stress et la réserve utile des sols, les conséquences peuvent aller d’un simple ralentissement de croissance à une perte définitive du potentiel de rendement. Arvalis livre ses préconisations. 

Avant floraison, un déficit hydrique important peut bloquer le développement de la plante, réduire la croissance végétative, limiter le nombre d’ovules et, dans les situations extrêmes, entraîner la mort des pieds. Autour de la floraison, période la plus sensible du cycle, le manque d’eau perturbe la fécondation et favorise l’avortement des jeunes grains, avec des répercussions directes sur le rendement final.

Face à ces situations, l’observation de la parcelle reste indispensable. Trois cas de figure peuvent être distingués. Lorsque la majorité du feuillage demeure verte malgré l’enroulement des feuilles, la culture conserve un potentiel de reprise en cas de retour des pluies. Dans les situations intermédiaires, caractérisées par plus de 30 % de feuilles desséchées, une surveillance étroite s’impose afin d’évaluer rapidement les possibilités de valorisation. Enfin, lorsque moins de deux feuilles vertes subsistent par plante et que l’émission de nouvelles feuilles est stoppée, les chances de reprise sont très faibles et une récolte anticipée doit être envisagée.

Avant toute décision de récolte, il convient d’estimer le volume de biomasse disponible et les possibilités de valorisation. Pour les faibles gabarits, le pâturage direct constitue souvent la solution la plus économique. L’affouragement en vert représente une alternative intéressante lorsque les conditions de conservation sont défavorables. L’ensilage reste envisageable lorsque la biomasse est suffisante, à condition d’adapter le matériel de récolte et de respecter les règles habituelles de confection et de conservation du silo.

Dans un contexte de sécheresse marquée, le diagnostic de terrain demeure donc essentiel pour distinguer les parcelles capables de repartir après une pluie de celles dont le potentiel est déjà compromis.

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