Alors que la sécheresse et les fortes chaleurs pénalisent fortement les prairies cet été, un indicateur sera particulièrement scruté par les éleveurs : l’Indice de Production des Prairies (IPP) développé par Airbus. Cet indice satellitaire permet d’évaluer les pertes de pousse de l’herbe et sert de référence pour le déclenchement des indemnisations. En 2026, l’indice de juillet n’a toutefois pas encore été publié.

La situation des prairies s’est fortement dégradée au cours du mois de juin. Au 10 juillet, la pousse cumulée des prairies permanentes était inférieure de 20 % à celle de la période de référence 1989-2018, selon Agreste. La production cumulée représentait alors à peine plus de la moitié de la production annuelle de référence, contre environ les deux tiers habituellement à cette période. Dans ce contexte de déficit fourrager, la question de l’indemnisation devient particulièrement importante pour les éleveurs. C’est précisément là qu’intervient l’Indice de Production des Prairies (IPP).
Un indice pour mesurer les pertes
Développé par Airbus et lancé en 2016, l’IPP utilise les données issues des satellites pour suivre l’évolution de la végétation pendant la saison de pousse. Il compare la production estimée d’une année à un historique de référence afin de déterminer une éventuelle perte. Le dispositif prend notamment en compte l’état de la végétation, mais aussi les conditions météorologiques, comme la température, les précipitations et l’évapotranspiration. Le principe est donc différent d’une mesure réalisée directement dans les parcelles. Les satellites permettent de suivre la végétation sur l’ensemble du territoire et de calculer, pour chaque zone homogène, un niveau de production qui est ensuite comparé à plusieurs années de référence.
C’est cet indice qui déclenche l’indemnisation
L’enjeu est majeur cette année : l’IPP sert de base au calcul des pertes de prairies dans le dispositif d’indemnisation. Pour la campagne 2026, l’IPP d’Airbus fait bien partie des indices approuvés pour l’assurance récolte. Pour les pertes de prairies, l’État précise que l’évaluation repose sur un indice de pousse de l’herbe. Lorsque la perte calculée dépasse 30 %, l’Indemnité de solidarité nationale (ISN) peut être déclenchée. Le calcul est réalisé à l’échelle des communes à partir de l’indice satellitaire Airbus, puis appliqué aux surfaces en prairies de l’exploitation. Autrement dit, ce n’est pas simplement l’intensité de la sécheresse ou la température enregistrée qui détermine l’indemnisation : c’est la perte de production des prairies estimée par l’indice.
L’indice de juillet très attendu
Pour les éleveurs confrontés actuellement au manque d’herbe, l’attente est donc forte autour des prochaines publications de l’IPP. L’indice de juillet 2026 n’est pas encore publié à ce jour, et il est donc trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur les niveaux de pertes qui seront retenus pour les indemnisations. Les données disponibles donnent néanmoins une idée de la situation. Au 30 juin, Agreste faisait déjà état d’un déficit de 15 % de la pousse cumulée des prairies permanentes par rapport à la référence 1989-2018. La situation s’était alors nettement dégradée avec le deuxième épisode de canicule de l’année. Au 10 juillet, le déficit atteignait 20 % à l’échelle nationale. Ces chiffres Agreste ne doivent toutefois pas être confondus avec le taux de perte qui sera retenu par l’IPP pour l’indemnisation : les deux dispositifs reposent sur des méthodologies et des références différentes.
Une technologie devenue centrale dans la gestion du risque climatique
L’IPP repose sur des images satellitaires de moyenne résolution, avec un pixel de 300 mètres de côté et une observation quotidienne. Les données sont ensuite traitées automatiquement afin de caractériser l’état de la végétation. La méthode a nécessité plusieurs années de recherche et développement et a été confrontée à des données de production et à des observations de terrain. En France, son utilisation dans le cadre de l’assurance prairies fait l’objet d’une validation par un comité d’experts
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