Les Pays de la Loire perdent chaque année 330 élevages bovins

En Pays de la Loire, la transformation du paysage agricole s’accélère. Entre 2020 et 2023, le nombre d’exploitations continue de diminuer, tandis que celles qui restent poursuivent leur agrandissement. Cette évolution est particulièrement marquée en élevage, où les structures se concentrent et gagnent en dimension.

C’est une étude très intéressante que vient de publier la direction régionale de l’agriculture des Pays de la Loire. En 2023, la région comptait 24 120 exploitations agricoles, soit environ 2 300 de moins qu’en 2020. La baisse est rapide et atteint près de 3 % par an. Elle concerne surtout les petites structures, en particulier les microexploitations, dont une partie a cessé son activité avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Politique agricole commune. En imposant le statut d’agriculteur actif pour bénéficier des aides, cette réforme a accéléré le retrait des exploitants les plus âgés.

Dans ce contexte, les exploitations de taille économique plus importante résistent mieux, même si leur nombre recule également. Cette évolution s’accompagne d’un mouvement d’agrandissement très net. La surface agricole moyenne atteint désormais 100 hectares, contre 94 hectares en 2020.

Les exploitations de plus de 200 hectares progressent rapidement et représentent désormais une ferme sur dix. Elles concentrent à elles seules plus d’un quart des terres agricoles de la région.

Cette dynamique se retrouve pleinement en élevage. Le nombre d’exploitations diminue, mais la taille des ateliers continue d’augmenter. En 2023, le cheptel moyen atteint 220 unités de gros bétail (UGB) par exploitation , contre 211 trois ans plus tôt. Autrement dit, les animaux sont désormais détenus dans des structures plus grandes et plus concentrées. Cependant, toutes les productions ne suivent pas la même trajectoire. Les élevages bovins sont particulièrement touchés par le recul du nombre d’exploitations. En production laitière, la baisse atteint plus de 4 % par an, ce qui représente environ 200 fermes en moins chaque année. Les systèmes bovins mixtes reculent encore plus fortement. À l’inverse, certaines filières comme les ovins, les caprins ou les volailles de chair voient leurs effectifs moyens progresser, traduisant une recomposition du paysage de l’élevage.

Au total, la part des exploitations spécialisées en production animale diminue et passe de 60 % à moins de 57 % en trois ans. Cette évolution s’inscrit dans une tendance de long terme, avec une progression parallèle des exploitations orientées vers les productions végétales, notamment en maraîchage.

Le travail sur les exploitations évolue lui aussi. Le nombre de chefs d’exploitation diminue sensiblement, tandis que le volume global de travail augmente légèrement. Cela traduit une transformation profonde de l’organisation des fermes, avec moins de main-d’œuvre familiale et un recours croissant au salariat et aux prestataires extérieurs.

Au final, l’élevage ligérien entre dans une nouvelle phase de son évolution. Les exploitations sont moins nombreuses, mais plus grandes, plus structurées et plus capitalisées. Cette concentration pose de nouveaux enjeux, notamment en matière de transmission, de gestion de la main-d’œuvre et de résilience économique. Elle confirme aussi que l’élevage, tout en restant central dans la région, est engagé dans une mutation rapide de ses modèles.

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En mars 2026, les éleveurs laitiers ont fait face à une nouvelle hausse des coûts de production. L’indice IPAMPA des intrants agricoles progresse de 7,5 % sur un mois et de 6,5 % sur un an. Cette évolution est principalement liée à la forte hausse des prix de l’énergie et des engrais.