En mars 2026, les éleveurs laitiers ont fait face à une nouvelle hausse des coûts de production. L’indice IPAMPA des intrants agricoles progresse de 7,5 % sur un mois et de 6,5 % sur un an. Cette évolution est principalement liée à la forte hausse des prix de l’énergie et des engrais.
Les coûts de production avaient fortement chuté en 2025 et tout début 2026. Les tensions autour du détroit d’Ormuz modifient la donne comme en témoigne le suivi d’Agreste. En mars, les carburants augmentent de 60 % et le gazole non routier de 68 %. Le gaz progresse de 1 % et l’électricité reste stable. Sur un an, le poste énergie augmente de 42 %. Le poste engrais et amendements augmente de 7,3 % sur un mois et de 13,8 % sur un an. Les engrais azotés sont particulièrement concernés avec une hausse de 19,2 % sur un an pour les engrais simples azotés, de 20,4 % pour les solutions azotées et de 30,2 % pour l’urée.
Alimentation animale et autres intrants
Le prix des aliments pour animaux augmente de 0,4 % sur un mois mais diminue de 6 % sur un an. Les aliments simples reculent de 6,3 % et les aliments composés de 5,9 %. Les produits de protection des cultures augmentent de 2 % sur un mois mais restent en baisse de 2,1 % sur un an. Les semences et plants progressent de 0,4 % sur un mois et diminuent de 0,5 % sur un an.
Impact sur les systèmes laitiers
Dans les élevages laitiers, la hausse des intrants affecte directement le coût de la ration via deux canaux principaux, les charges énergétiques et le coût de production des fourrages. Le poste énergie impacte les travaux agricoles, la distribution des aliments, la traite et le refroidissement du lait. Le poste engrais influence directement le coût des fourrages produits sur l’exploitation, notamment le maïs ensilage et les prairies fertilisées.
Évolution du coût de production
Dans les systèmes laitiers intensifs et semi intensifs, les charges alimentaires représentent entre 50 et 65 % du coût total de production. Les charges énergétiques directes et indirectes représentent 10 à 15 %. La hausse conjointe de l’énergie et des engrais entraîne une augmentation du coût de la ration complète. Dans les systèmes les plus mécanisés, la hausse du coût de production est estimée entre 15 et 30 euros pour 1 000 litres sur la composante alimentation et énergie.
Effet sur les marges
La hausse des intrants de 6,5 % sur un an intervient dans un contexte où le prix des aliments achetés reste orienté à la baisse. Cette situation ne compense plus la hausse de l’énergie et des engrais. La marge brute des exploitations laitières est sous pression, en particulier dans les systèmes fortement dépendants du maïs ensilage, des engrais azotés et du gazole non routier.
Différences selon les systèmes
Les systèmes intensifs à base de maïs ensilage sont les plus exposés en raison de leur dépendance aux engrais azotés et à la mécanisation. Les systèmes herbagers sont moins sensibles à la hausse des engrais mais restent exposés à la hausse de l’énergie. Les systèmes autonomes présentent une meilleure résilience sur les achats d’aliments mais restent affectés par les coûts de mécanisation.
Grands Troupeaux Magazine Le magazine d'élevage qui voit grand
