
Solides sur leurs pattes et adaptables à tout environnement, les Brunes de l’élevage Grimault (Ille-et-Vilaine) ont trouvé leur place aux côtés des Hosteins. Dotées d’une très bonne génétique, elles se distinguent par leur longue carrière laitière.
« C’est agréable d’avoir des Brunes dans le troupeau,. Elles sont curieuses et dynamiques », raconte Valérie Grimault. « Dès que ça bouge un peu dans la stabulation, elles viennent aussitôt voir ce qu’il se passe. » La première arrive en éclaireur, puis les autres suivent. « Assez rapidement, un groupe de trois ou quatre Brunes se forme et vous observe », s’amuse Denis Grimaut. Ces Brunes, « un coup de cœur », forment un petit noyau de 20 animaux au milieu d’une centaine de Holsteins. « La cohabitation entre les deux races s’est toujours bien passée. » Sous des airs de grande peluche, avec leurs oreilles velues et leur couleur brun-gris, les Brunes des Alpes impressionnent par leur gabarit. « Elles sont robustes », apprécie Denis Grimault. « Elles vieillissent bien et se valorisent mieux en vache de réforme que la Holstein.» En 2020, Noires et Brunes ont passé ensemble le cap de la robotisation. « L’adaptation a été rapide », assure Johan, installé aux côtés de ses parents la même année que les deux robots de traite.
L’atout des Brunes
Au sein de l’exploitation, les Brunes jouent leur rôle dans les objectifs de production laitière. « Mais dès le départ, il faut partir sur de la génétique haut de gamme », prévient Denis Grimault. Les quatre premières génisses arrivées en 2002 « n’étaient pas exceptionnelles mais le veau négocié avec le lot crée la surprise », poursuit Denis. « Grâce à lui, nous avons lancé notre première lignée. » Sa première fille, Darlène, est une productrice hors pair. Pointée TB 88, cette vache a produit 86 000 kg de lait sur sa longue carrière, totalisant neuf vêlages. Sa descendance se distingue aussi par d’excellents résultats. Ses filles Lovely (TB 87, 72 103 kg) et Nivea (TB 88, 54 738 kg en sixième lactation) affichent un bon potentiel laitier. « Nivea a donné naissance à Raffinee, que nous avons vendue à 11 mois au Space 2021 », rapporte Valérie. Pointée TB 88 en troisième lactation, elle fait carrière dans un élevage normand où elle a démarré avec 48,4 kg. L’élevage Grimault a construit deux autres lignées à partir de « deux bonnes bêtes » achetées au Space : Jadore (2015) et Norway (2017).
Intensifier la production
Si le potentiel des Brunes est parfois plus long à s’exprimer, leur longévité dépasse celle d’une Holstein. « C’est une race qui vieillit bien en traite robotisée. Elle a une bonne santé mamelle, des sabots résistants. » Sur la qualité du lait, la Brune apporte de la matière grasse et de la protéine. « C’est intéressant pour le prix du lait. » La race s’adapte très bien au système de production intensif. Avec 1,6 million de litres de lait produit à l’année, l’élevage cherche encore à gagner du volume. « La production moyenne de l’ensemble du troupeau est de 38 l/VL/jour, avec 2,5 traites. Nous aimerions passer au moins à 2,7 traites », analyse Denis Grimault. Pour aller chercher ces litres de lait supplémentaires, les éleveurs misent sur l’âge au premier vêlage et la longévité des vaches. « Aujourd’hui, les Brunes font plus de lactations que les Holsteins. » La stratégie d’avenir de l’élevage laitier se bâtit sur ce troupeau mixte, pour faire avancer de concert Noires et Brunes dans un même objectif de performance.
NB
Retrouvez l’article complet dans le numéro de Grands Troupeaux Magazine Janvier/Février 2026.
Grands Troupeaux Magazine Le magazine d'élevage qui voit grand
