Se passer des antibiotiques au tarissement

Se passer des antibiotiques au tarissement

Au tarissement, les vaches du Gaec de l’Antillière (Manche) ne reçoivent ni traitements antibiotiques, ni bouchon obturateur. Les éleveurs leur préfèrent un produit naturel à base d’extraits de plantes développé par les laboratoires Biodevas. Les laitières restent saines et l’élevage ne rencontre aucun problème de cellules… Le tout pour un coût moins élevé.

Sur l’année en cours, le lait produit par le cheptel Gaec de l’Antillière n’a encore enregistré aucunes pénalités relatives à la présence de cellules. Une situation habituelle pour ces éleveurs qui vient récompenser une rigueur au niveau de la traite. Ce résultat démontre également que des produits à base d’extraits plantes peuvent permettre de se passer des antibiotiques au tarissement. «  Nous n’utilisons les antibiotiques (N.D.L.R. Ubrolexin suite à l’analyse des germes en présence) que sur les vaches à cellules au moment du tarissement, soulignent en chœur Franck Le Barbier et son associé Stéphane Renouf. Pour le reste, nous misons exclusivement sur Parlac, un produit naturel ». Le jour du tarissement, les vaches reçoivent 100 ml de Parlac (pour les vaches entre 23 et 25 kg de lait) ou de 150 ml (pour les vaches au-dessus des 25 kg). Elles sont également vaccinées avec Rotavec et traitées contre les Douves. Ce rituel est désormais immuable. « Cette solution présente plusieurs avantages. Son coût de 4,80 €/vache se révèle inférieur au traitement antibiotique. Il reste facile à administrer et permet également de se passer des bouchons obturateurs des trayons. De plus, le produit est naturel et permet de n’avoir aucun délai d’attente ». Au niveau cellulaire, il est à noter que 88 % du cheptel se situe en dessous du seuil des 300 000 cellules, seules 5,4 % d’entre elles dépassent le cap des 800 000 cellules. En moyenne, le cheptel atteint 161 000 cellules/ml sur l’année passée. « Certains comptages cellulaires se situent en dessous de 100 000 cellules ». Les éleveurs constatent également que les vaches guérissent mieux après un éventuel traitement antibiotique durant la lactation. Cette impression est corroborée par l’indice de guérison des vaches mammiteuses qui culmine à 75 % ! En utilisant moins souvent d’antibiotiques, les éleveurs préservent ainsi leur efficacité thérapeutique en cas de mammite clinique. Parlac, développé par les laboratoires Biodevas, agit sur la dopamine et sur la prolactine. Son utilisation implique de réduire l’apport énergétique des vaches. Si ce produit fonctionne, c’est aussi parce que les éleveurs effectuent un prétrempage (BlueMaxx de chez Boumatic), un post-trempage (Udder star de chez Boumatic) et qu’ils désinfectent les manchons après le passage d’une vache malade. Ils apportent également un soin tout particulier au paillage des logettes. Les vaches taries sont isolées du troupeau et ne reviennent en stabulation que 15 jours à trois semaines avant la mise bas. Elles reçoivent alors la ration des vaches laitières mais durant un laps de temps limité, à savoir une heure par jour. La période sèche dure de 1,5 à 3 mois suivant les besoins en lait des éleveurs. Au final, l’élevage se distingue par une bonne maîtrise de ses frais vétérinaires : 11 €/1 000 litres et appartient de ce fait au groupe des élevages les plus performants sur ce facteur. Les charges opérationnelles atteignent 157 €/1 000 l et les charges de structures 116 €. Ces éleveurs n’ont qu’un seul souhait : obtenir une rallonge laitière pour pouvoir produire plus de lait. Ils possèdent d’ores et déjà un bâtiment adapté, un cheptel pouvant produire plus et le savoir-faire…

 

 

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