La contraction du cheptel bovin français continue de se traduire dans les statistiques d’abattage. En avril 2026, les volumes de gros bovins abattus enregistrent un net recul par rapport à l’an dernier, avec une baisse particulièrement marquée chez les vaches allaitantes. Dans le même temps, les cours restent à des niveaux historiquement élevés, malgré un léger tassement observé ces dernières semaines.

Selon les dernières données d’Agreste, les abattages de gros bovins corrigés des variations journalières atteignent 230 000 têtes en avril 2026, soit une baisse de 6,5 % par rapport à avril 2025 et de 10 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Toutes les catégories de bovins sont concernées par ce recul. Les vaches allaitantes enregistrent la plus forte diminution avec 51 000 têtes abattues, soit une baisse de 10,3 % sur un an. Les génisses suivent la même tendance avec un recul de 7,1 %. Les abattages de vaches laitières diminuent de 5,1 %, tandis que ceux des gros bovins mâles reculent de 4,3 %.
| Catégories | Milliers de têtes | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Vaches allaitantes | 51 | - 10,3 % |
| Vaches Laitières | 43 | -5,1 % |
| Génisses | 59 | -7,1 % |
| Gros bovins mâles | 77 | -4,3 % |
| Total bovins | 230 | -6,5 % |
| Veaux de boucherie | 72 | -9 ,5 % |
| Total bovins | 302 | -7,2 % |
Cette baisse généralisée illustre la poursuite de la décapitalisation observée dans les élevages bovins français, avec des disponibilités en animaux de plus en plus limitées.
Les veaux de boucherie également touchés
Le marché des veaux de boucherie n’échappe pas à cette tendance baissière. Avec 72 000 têtes abattues en avril, les volumes diminuent de 9,5 % par rapport à l’an dernier et de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cette baisse s’inscrit dans un contexte général de diminution de l’offre bovine, qui concerne l’ensemble des filières de production.
Des cours toujours soutenus
Malgré un léger repli mensuel, les prix des bovins demeurent à des niveaux élevés. Le cours de la vache O s’établit à 6,69 €/kg de carcasse en avril 2026. Il perd 5 centimes par rapport au mois précédent, mais reste supérieur de 1,14 €/kg à son niveau d’avril 2025. Même constat pour le veau de boucherie. Son cours recule de 1,7 % sur un mois, soit environ 16 centimes, mais demeure en hausse de 16,2 % sur un an, avec un gain de 1,25 €/kg. Cette fermeté des prix traduit toujours le déséquilibre entre une offre limitée et une demande qui reste relativement soutenue.
Les charges repartent à la hausse
Après plusieurs mois de relative stabilité, les coûts de production repartent à la hausse. En mars 2026, l’indice Ipampa bovins viande progresse de 5,9 % par rapport à mars 2025 et de 5,2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette évolution est principalement liée à la forte hausse du prix des carburants, qui renchérit les coûts d’exploitation des élevages. Pour les producteurs, cette augmentation des charges vient atténuer une partie des bénéfices liés au maintien de cours élevés sur les animaux finis.
Recul des échanges de viande bovine
Le commerce extérieur confirme également le ralentissement observé sur le marché. En mars 2026, les exportations françaises de viande bovine chutent de 12 % par rapport à l’année précédente. Elles se situent également 11,6 % en dessous de la moyenne observée entre 2021 et 2025. Les importations reculent elles aussi, mais de manière plus modérée (-3,5 % sur un an). La consommation intérieure de viande bovine diminue légèrement, avec une baisse de 1,3 %.
Les exportations de broutards restent sous pression

Le marché des animaux maigres demeure particulièrement affecté. En mars, les exportations de broutards enregistrent une nouvelle baisse marquée de 13,6 % par rapport à 2025 et de 25,4 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cette diminution est principalement due au recul des ventes de bovins mâles de plus de 300 kg (-16,7 %) ainsi qu’à l’effondrement des exportations de broutards légers (-44,7 %). À l’inverse, certaines catégories progressent. Les exportations de génisses augmentent de 11,1 %, tandis que celles de veaux d’élevage gagnent 1,7 % sur un an.
Une offre toujours plus réduite
Les chiffres du printemps 2026 confirment la poursuite du recul de l’offre bovine française. La baisse des abattages, conjuguée au repli des exportations de broutards, témoigne d’un cheptel toujours sous tension. Si les cours demeurent élevés, la remontée des charges et la contraction des volumes disponibles restent des enjeux majeurs pour les éleveurs bovins dans les prochains mois.
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