Fonterra revoit à la baisse son estimation du prix du lait pour la campagne 2026/27. La coopérative néo-zélandaise table désormais sur 9,25 $ néo-zélandais par kg de matière sèche (4,71 €/kgMS), contre 9,75 dollars précédemment (25 centimes d’€en moins).

Le prix du lait néo-zélandais devrait rester élevé, mais la dynamique s’infléchit. Fonterra a abaissé de 0,50 dollar néo-zélandais par kg de matière sèche sa prévision pour la campagne 2026/27, à 9,25 $/kgMS. La fourchette prévisionnelle est désormais comprise entre 8,00 et 10,50 $/kgMS, contre 8,00 à 11,00 $/kgMS dans les premières estimations publiées en mai. Cette révision traduit principalement le recul des cours observé lors des dernières ventes aux enchères de Global Dairy Trade. Selon Fonterra, les prix des produits de référence utilisés pour déterminer le prix du lait à la production ont diminué de 11 % depuis l’annonce des premières prévisions fin mai.
Une offre mondiale plus abondante
La coopérative explique cette baisse par une demande moins soutenue que prévu, alors que la production laitière progresse dans les principales régions exportatrices. La Nouvelle-Zélande devrait néanmoins bénéficier d’un début de campagne favorable. Fonterra reste toutefois attentive à l’évolution du phénomène El Niño, susceptible de modifier les conditions climatiques et donc l’offre mondiale au cours de la campagne. La visibilité reste limitée sur les marchés. Fonterra indique notamment être encore fortement exposée aux fluctuations des prix des matières premières, une partie de son carnet de commandes pour l’exercice 2027 n’étant pas encore contractualisée. La coopérative entend donc profiter de la flexibilité de son outil industriel pour orienter le lait vers les produits et les marchés offrant les meilleurs rendements.
Un prix néo-zélandais élevé
Le niveau de rémunération attendu en Nouvelle-Zélande reste particulièrement élevé au regard des références européennes. Le graphique du Milk Market Observatory, arrêté à juin 2026, situe le prix du lait Fonterra ajusté à 4,2 % de matière grasse et 3,35 % de protéines à 35,3 € pour 100 kg, contre 42,3 €/100 kg pour le prix moyen du lait cru dans l’Union européenne. Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence. Les modes de paiement et les caractéristiques du lait n’étant pas identiques. Le graphique de la Commission européenne rappelle également que la série néo-zélandaise repose sur le « season advance rate » de Fonterra, ajusté à une composition standard de 4,2 % de matière grasse et 3,35 % de protéines. La Nouvelle-Zélande conserve ainsi un niveau de prix élevé dans un contexte mondial qui devient progressivement moins favorable.
2025/26 reste à un niveau record
Pour la campagne 2025/26, Fonterra ne modifie pas son estimation. Le prix du lait à la ferme reste attendu entre 9,60 et 9,80 $/kgMS, avec un point médian de 9,70 $/kgMS. La baisse des perspectives pour 2026/27 ne remet donc pas en cause le niveau exceptionnellement rémunérateur de la campagne en cours. Elle traduit surtout le changement de contexte intervenu depuis le printemps, avec des cours mondiaux des produits laitiers moins fermes et une offre qui progresse dans plusieurs grands bassins exportateurs.
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