L’Irlande « toujours conquérante »

La production et le cheptel laitiers irlandais ne cessent de progresser depuis une quinzaine d’années. L’Institut de l’élevage (Idele) a voulu comprendre pourquoi.

« En Irlande, les surfaces en herbe couvrent près de 90% d’un foncier agricole très convoité. Qu’elles soient pâturées ou récoltées en foin ou en ensilage, elles fournissent une alimentation bon marché propice au développement des productions herbivores, bovines et ovines », analyse l’Idele dans un dossier Irlande récemment mis en ligne. « Depuis la crise financière de 2008 puis la fin des quotas laitiers en 2015, les pouvoirs publics ont amplifié leurs aides aux éleveurs (grâce à une application astucieuse de la Pac), à la recherche et développement (R&D) et à la promotion de leurs produits agricoles à l’export sous l’identité générique Origin Green ».

« Les objectifs du programme Food Harvest 2020 ont été largement dépassés, et désormais la stratégie Food Wise 2025 vise à augmenter la valeur ajoutée de l’ensemble des filières agro-alimentaires… tout en respectant les engagements environnementaux de l’État. Cela va s’avérer un véritable challenge, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture ayant par exemple augmenté de 10% depuis 1990 avec le cheptel bovin, surtout laitier. 3 scenarii ont été élaborés par l’institut de R&D irlandais Teagasc pour diminuer les émissions de GES à l’horizon 2030, avec des effets contrastés sur le cheptel bovin et les productions de lait et de viande. »

Le défi du Brexit

« Autre défi de l’heure : la flambée des matières premières, notamment des engrais et des grains dont l’Irlande est fortement importatrice. À tel point que le Gouvernement vient, en avril 2022, de dégager 12 millions d’euros pour favoriser la remise en culture de près de 30 000 ha (près de 10% des terres arables en 2021) avec des aides de 300 à 400 €/ha. »

« Et surtout le Brexit, devenu effectif début 2020. Or le Royaume-Uni est LE débouché historique des exportations irlandaises de produits laitiers et de viande bovine, alors qu’il signe nombre d’accords visant à libéraliser ses échanges avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, etc. L’Irlande n’a pas attendu pour diversifier ses débouchés, avec une industrie laitière et de viande solidement structurée. D’abord vers le continent européen, mais aussi les marchés tiers les plus prometteurs, notamment les États-Unis à la forte population se revendiquant d’ascendance irlandaise. Malgré tous les défis auxquels elles font face, les filières lait et viande irlandaises demeurent conquérantes, avec un appui public plus que jamais déterminant », conclut l’Idele dans sa présentation.

BC

A télécharger :

Conjoncture lait et produits laitiers (Chambres d’agriculture France, 23 mai 2022)

Indicateurs mensuels de la filière laitière (Cniel, 20 mai 2022)

Tableau de bord hebdomadaire des produits laitiers (FranceAgriMer, 20 mai 2022)

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