Sécheresse : les éleveurs de ruminants en danger

Les éleveurs de bovins, ovins et caprins font face à une accumulation de difficultés qui fragilise fortement les exploitations. Dans un communiqué commun, la Fédération nationale bovine (FNB), la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC) alertent sur une situation économique et climatique jugée particulièrement préoccupante.

Les organisations professionnelles dénoncent tout d’abord les baisses de prix observées en lait comme en viande. Selon elles, ces diminutions sont « totalement injustifiées » au regard de la situation des marchés français et européens. Elles estiment que ces signaux adressés aux producteurs sont en contradiction avec les objectifs affichés de souveraineté alimentaire et de maintien du potentiel de production. Cette dégradation intervient alors que les coûts de production repartent fortement à la hausse.

Les coûts de production progressent

Les dépenses liées à l’énergie, aux engrais, aux fournitures, à la main-d’œuvre et à de nombreux autres postes progressent depuis plusieurs mois dans un contexte international marqué notamment par les tensions au Moyen-Orient. D’après les premières estimations de l’Institut de l’élevage (Idele), cette hausse représenterait plus de 50 centimes par kilogramme de carcasse en viande bovine, 1 € par kilogramme de carcasse en production ovine, plus de 26 € pour 1 000 litres de lait de vache et plus de 100 € pour 1 000 litres de lait de brebis. À ces difficultés économiques s’ajoute une sécheresse particulièrement sévère. Les organisations d’éleveurs soulignent que de nombreuses prairies sont déjà fortement dégradées sous l’effet du déficit hydrique et des épisodes de canicule. Les pertes de production fourragère conduisent de nombreux élevages à envisager des achats de fourrages pour sécuriser l’alimentation des troupeaux. À ce jour, 35 départements sont déjà placés en situation de sécheresse.

Face à cette situation, les représentants des filières bovine, ovine et caprine demandent aux pouvoirs publics des mesures concrètes. Ils réclament notamment une meilleure prise en compte des coûts de production dans la formation des prix, la mise en œuvre rapide d’expertises de terrain afin d’évaluer les pertes de fourrages ouvrant droit à indemnisation, ainsi qu’un renforcement du soutien à l’élevage de ruminants dans le cadre de la prochaine Politique agricole commune (PAC).

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