Pour améliorer le confort au travail et la performance de l’atelier génisses, le Gaec de la Haie, dans le Finistère, a investi dans un nouveau bâtiment équipé d’igloos mobiles et d’un DAL automatisé et connecté.

VIRGILE MORÉ ET BERTRAND THOMAS DANS LE BÂTIMENT DES GÉNISSES ENTRÉ EN FONCTION EN FÉVRIER 2025
« En plus d’être un investissement sur la qualité de travail, c’est un investissement sur la performance » Cet investissement nous a permis de gagner en qualité de travail et en performance.
La nouvelle nurserie du Gaec de la Haie, à Plouégat-Moysan (Finistère) se révèle lumineuse et aérée. Elle aligne sur ses extérieurs quatre igloos en fibre de verre, ouverts sur des aires paillées. « Officiellement, le bâtiment est pleinement opérationnel depuis février 2025, mais nous y avons installé progressivement des veaux dès juillet 2024 », explique Virgile Moré. Ancien salarié devenu associé en 2023, il travaille aux côtés de Bertrand Thomas, installé depuis 1998 sur la ferme de ses parents, éleveurs de volailles. « J’ai relancé l’atelier lait avec la création d’un bâtiment conçu pour 55 vaches. » En près de trente ans, le troupeau laitier a doublé. « Nous tournons aujourd’hui entre 105 et 110 vaches en traite robotisée et visons 1,6 millions de litres pour la campagne 2025-2026 ». À l’étroit dans le bâtiment d’origine, la nurserie ne répondait plus aux besoins de renouvellement ni aux ambitions des éleveurs. « Avec ce nouveau bâtiment, nous avons gagné en confort, en efficacité de travail et en performance », souligne Bertrand Thomas. « En termes de bien-être animal, l’ambiance qui règne ici est calme. On n’entend plus les veaux meugler et il n’y a plus de stress lors du sevrage. » Exposé aux vents bretons, le nouveau bâtiment est protégé par des rideaux. « Ça tousse beaucoup moins », constate Virgile Moré.
LA PERFORMANCE DES PRIMIPARES
La conception de ce nouvel espace se veut évolutive. « Nous n’avons pas encore arrêté notre stratégie future : produire plus d’animaux sexés, plus de génisses mais sans le post-sevrage, ou doubler le nombre de vaches à la traite », énumère le jeune éleveur. En attendant, le travail est orienté vers la performance des premières lactations. « La phase d’allaitement est essentielle. Avant, nous cherchions la croissance avec un repas unique par jour assez poussé/riche. Aujourd’hui, nous distribuons deux repas par jour pendant cinq à dix jours selon la tonicité de la génisse. Puis, entre 10 et 21 jours, nous montons progressivement jusqu’à 12 à 15 litres, selon la prise de poids.» La nouvelle nurserie est équipée d’un DAL qui permet de multiplier les repas quotidiens, d’ajuster la distribution de l’aliment lacté aux besoins de chaque veau et d’assurer une bonne hygiène des tétines grâce au lavage automatique. « Cet outil nous permet de gagner en qualité de travail et en temps de travail : désormais la conduite des veaux nous prend moins de temps. »
MAXIMISER LE POIDS À SIX MOIS
En privilégiant la phase d’allaitement, le Gaec a deux objectifs principaux : maximiser le poids des génisses à six mois et faire progresser le ratio pic laitier des primipares/pic laitier des multipares, qui se situe actuellement à 76 % (41 kg). « Nous visons un pic laitier pour les primipares de 45 kg », indique Virgile Moré. Les deux associés réalisaient déjà de bonnes performances avec un poids moyen à six mois de 208 kg. Depuis l’utilisation du DAL, cette moyenne a grimpé à 235 kg. « La moyenne chez les éleveurs Le Gouessant est de 196 kg à six mois et les meilleures sont à 245 kg », précise Abel Aillet, responsable de l’activité ruminants chez Le Gouessant. Depuis septembre 2024, la coopérative bretonne accompagne la nouvelle stratégie alimentaire du Gaec de la Haie (voir encadré).
Nathalie Barbe
EN CHIFFRES…
GAEC DE LA HAIE (FINISTÈRE)
- 4 UTH(1) (deux associés : Bertrand Thomas, Virgile Moré, un salarié et un apprenti)
- une SAU(2) de 202 ha (dont 90 ha de céréales)
- 105 à 110 Holsteins à la traite
- une référence laitière de 1,6 ML pour 2025-2026
- un TB(3) de 42 et un TP(4) de 34
- une moyenne de 44 kg/VL
- un taux de réforme de 30 %
- un taux de mortalité des veaux proche de zéro
- un lait collecté par Even
- 2 robots V310 Delaval
COLOSTRUM, UNE MOYENNE DE 33° BRIX
La prise de colostrum doit être rapide afin de garantir une protection immunitaire optimale au veau. Au Gaec, la qualité colostrale est contrôlée à l’aide d’un réfractomètre, avec trois niveaux de référence. « Le colostrum de moindre qualité — tout en restant supérieur à 25° BRIX — est réservé aux mâles », détaille Virgile Moré. Le plus riche se situe entre 30 (pour les croisés) et 35° BRIX. Ce dernier est distribué aux meilleures génisses. En moyenne, la qualité colostrale de l’élevage atteint 33° Brix.
Extrait de l’article GTM 131 p.43-45.
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