Articles liés
Alors que les débats sur la Loi d’urgence agricole vont débuter et que la question du revenu n’est pas centrale dans le texte proposé par le gouvernement, une étude réalisée par Max Havelaar montre que pour près de la moitié des agriculteurs français, le SMIC reste inaccessible.
Selon une étude de l’Observatoire de la rémunération agricole équitable (Max Havelaar), 43 % des agriculteurs français perçoivent un revenu inférieur au SMIC. Au total, 54 % gagnent moins que le revenu médian des salariés. Sur les deux dernières années (2023-2024), le déficit nécessaire pour garantir un SMIC à l’ensemble des exploitants atteint 4,7 milliards d’euros par an, contre 3,3 milliards d’euros en moyenne sur la dernière décennie. En parallèle, 14 % des exploitations enregistrent un résultat négatif selon les années.
La variabilité des revenus reste élevée : d’une année sur l’autre, la part d’agriculteurs sous le SMIC fluctue de 7,3 points. Même lors des années les plus favorables, un tiers des exploitants demeure sous ce seuil.
Des écarts marqués selon les filières
Les niveaux de revenus diffèrent fortement selon les productions. Les filières de grandes cultures sont particulièrement exposées : 53 % des exploitants en céréales, légumineuses et oléagineux vivent sous le SMIC. La situation est comparable en élevage bovin viande (52 %) et dans les filières ovines et caprines (51 %). D’autres secteurs présentent également des niveaux de fragilité élevés : 50 % dans les filières fruitières, 44 % en production légumière et 40 % en horticulture. À l’inverse, certaines productions apparaissent relativement plus stabilisées, notamment la viticulture (38 % sous le SMIC) et les autres grandes cultures comme les pommes de terre ou les betteraves (34 %).
Des disparités régionales importantes
Les écarts de revenus se retrouvent également à l’échelle territoriale. En Occitanie, 57 % des agriculteurs sont sous le SMIC. Cette proportion atteint 51 % en Nouvelle-Aquitaine et en Corse. En Auvergne-Rhône-Alpes, 47 % des exploitants sont concernés, soit environ 21 560 exploitations. À l’inverse, certaines régions présentent des niveaux plus faibles : en Bretagne, 31 % des agriculteurs se situent sous le SMIC, soit 12 points de moins que la moyenne nationale.
Des revenus dépendants de ressources complémentaires
Le niveau de vie des ménages agricoles repose en partie sur des revenus extérieurs à l’exploitation. La présence d’un conjoint exerçant une activité non agricole augmente le niveau de vie moyen de 14,6 %. La pluriactivité génère un écart de +19,5 % par rapport aux exploitants mono-actifs. Sur le plan économique, l’étude met en évidence une corrélation forte entre le niveau des revenus agricoles et les prix payés aux producteurs. En revanche, aucune corrélation significative n’est observée avec les volumes produits ou les échanges commerciaux.
Grands Troupeaux Magazine Le magazine d'élevage qui voit grand
