La montbéliarde se robotise 

À Segré, Emmanuel Gauttier et Martin Belier viennent d’installer deux robots de traite pour accompagner le départ d’un associé. La Montbéliarde, la qualité du lait et le pâturage restent les fondamentaux d’un élevage réorganisé autour d’un projet cohérent.

 

 POUR PALLIER UN DÉPART EN RETRAITE, LES ASSOCIÉS DU GAEC DE LA GARENNE ONT MISÉ SUR DEUX ROBOTS DE TRAITE. 

LE 13 JANVIER DERNIER,  EMMANUEL GAUTTIER ET MARTIN BELIER ONT TERMINÉ LA PÉRIODE D’INSTALLATION DES ROBOTS ET LES ONT PASSÉ EN LIBRE SERVICE

 AU PRINTEMPS, LES VACHES REPRENDRONT LES CHEMINS DU PÂTURAGE. L’HERBE REPRÉSENTAIT JUSQU’À PRÈS DU QUART DE LEUR RATION. 

Dans le nord du Maine-et-Loire, la race Montbéliarde reste minoritaire. Seuls quatre élevages ont fait ce choix, dont deux grands troupeaux. Le Gaec de la Garenne en fait partie. La décision initiale de la race a été portée par Emmanuel Gauttier, convaincu par la rusticité, la mixité lait/viande et la capacité de la Montbéliarde à valoriser les taux. Martin Belier, dernier installé, n’a jamais envisagé de remettre ce choix en cause. Les performances économiques du Gaec confortent cette orientation. En décembre 2025, le prix de base proposé par Terrena était de 440 €/1000 l. Mais, grâce à la qualité du lait livré (47 g/kg de matière grasse et 39 g/kg de matière protéique), nos éleveurs ont réellement perçu 512,60 €/1000 l. Sur la campagne 2024-2025, la marge brute a culminé à 400 €1000 l. Pour évaluer leurs résultats, les éleveurs raisonnent en lait standard, avec une production moyenne de 9 170 kg/VL/an. En lait brut, la production s’établit à 8 200 kg, avec en taux moyens, un TB(1) de 44 g/kg et un TP(2) de 34 g/kg. Parallèlement, la valorisation bouchère renforce l’intérêt de la race, avec des carcasses autour de 380 kg et des prix supérieurs à 6 €/kg.

UNE GÉNÉTIQUE ORIENTÉE FONCTIONNALITÉ

Pour la reproduction, les paillettes sont principalement achetées chez Umotest et Jura Bétail. Les éleveurs recherchent des profils complets, fonctionnels, et portent une attention particulière au potentiel laitier et à la solidité des animaux. Depuis deux ans, les génisses sont génotypées pour affiner les choix de reproduction. Les meilleures reçoivent de la semence sexée, tandis que les moins performantes sont inséminées en Blanc Bleu Belge ou en Limousin pour valoriser la viande.

AUTOMATISATION DE LA TRAITE

L’année 2026 marque un tournant au Gaec de la Garenne, avec l’installation de deux robots de traite Lely A5, suite au départ à la retraite d’un associé. Après avoir vainement cherché un remplaçant, les deux éleveurs restants ont opté pour l’automatisation de la traite. L’objectif était double : maintenir le niveau de production, tout en sécurisant l’organisation du travail.

La mise en route s’est faite progressivement : une semaine d’adaptation au DAC(3), suivie d’une semaine d’accompagnement des vaches vers les robots. Après plusieurs jours, seules quelques-unes restaient hésitantes. Au démarrage, la fréquence de traite est montée jusqu’à trois passages par jour, pour une production de 30 kg/VL/j. Une légère baisse de fréquentation a ensuite été observée lorsque l’intervention humaine a cessé, les vaches apprenant progressivement à se réguler seules. La détection des trayons n’a posé aucune difficulté, et aucune réforme spécifique n’a été nécessaire avant la mise en route.

Erwan Le Duc

  1. TB : taux butyreux
  2. TP : taux protéique
  3. DAC : distributeur automatique de concentrés
  4. TPA : traite par l’arrière

Cet article est un extrait de GTM de janvier.

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