Canicule : la production bovine durement affectée dans le Grand Ouest

L’épisode caniculaire qui a frappé la France ces derniers jours a eu des répercussions majeures sur les élevages bovins, en particulier dans les régions du Grand Ouest. Les fortes températures ont pesé lourdement sur la production laitière, la santé des animaux et la survie des jeunes veaux.

Dans l’Ouest, les pertes de collecte laitière atteigneraient au moins 10 %.

Une collecte laitière en net recul. Dans le Grand Ouest, la collecte de lait a chuté jusqu’à 10 % dans plusieurs bassins de production, notamment en Basse-Normandie, en Poitou-Charentes et en Bretagne (selon les chiffres d’un collecteur sur la semaine du 21 au 28 juin 2026). Les départements de la Loire-Atlantique et de l’Ille-et-Vilaine figurent parmi les plus touchés. Le bassin de Poitou-Charentes serait le moins touché. Cette baisse reste exceptionnelle, même si elle demeure inférieure aux pertes enregistrées lors de la canicule de 2003. À l’époque, la collecte avait reculé jusqu’à 20 % en Poitou-Charentes.

Au-delà des volumes, les éleveurs constatent également une dégradation marquée de la qualité du lait. Le taux de protéines connaît une baisse inhabituelle. « Du jamais vu », soulignent certains observateurs. Des élevages affichant habituellement des niveaux conformes aux standards ont enregistré des taux de protéines inférieurs à 27 g par kg de lait. À l’inverse, la diminution du taux de matière grasse apparaît plus modérée.

Des conséquences sanitaires importantes

Les effets de la chaleur ne se limitent pas à la production. Dans plusieurs élevages, la mortalité des jeunes veaux a augmenté. Plus vulnérables face aux températures extrêmes, certains animaux n’ont pas été en mesure de surmonter le stress thermique.La vague de chaleur a également entraîné une hausse significative de la mortalité animale dans différentes filières d’élevage. Selon la Coordination des Pays de la Loire, en Loire-Atlantique, 62 élevages ont été touchés, représentant 342 tonnes de cadavres recensées. Parmi celles-ci, 207 tonnes ont pu être évacuées. Onze élevages restaient toutefois sans solution immédiate au moment du bilan. Des situations comparables ont été observées en Vendée et dans le Maine-et-Loire. Afin d’accompagner les agriculteurs dans cette détresse, la Coordination Rurale demande à l’État de reconduire et de prolonger les arrêtés préfectoraux arrivant à échéance le 1er juillet, afin de poursuivre les mesures exceptionnelles tant que l’enlèvement et le traitement des cadavres d’animaux n’auront pas retrouvé un fonctionnement normal.

Des effets qui se prolongeront au-delà de l’été

Si les températures sont désormais revenues à des niveaux plus supportables et que la production laitière commence progressivement à se redresser, les conséquences de cet épisode caniculaire pourraient se faire sentir pendant plusieurs mois.

Le stress thermique subi par les vaches laitières affecte durablement leur état physiologique, leur consommation alimentaire et leurs performances de production. Les pertes observées aujourd’hui pourraient ainsi continuer d’impacter la collecte nationale dans les semaines à venir.

Cet épisode rappelle également la vulnérabilité des élevages face à la multiplication des événements climatiques extrêmes. L’adaptation des bâtiments, l’amélioration de la ventilation et le renforcement des dispositifs de protection contre les fortes chaleurs apparaissent désormais comme des enjeux majeurs pour préserver les performances techniques et économiques des exploitations bovines.

ELD

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